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Bye bye la pub, bye bye

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Question quiz. Qui a déclaré : « La quête de recettes publicitaires et de revenus commerciaux à Radio-Canada est tellement immense qu’on perd de vue le mandat » ? 

Est-ce que c’est... A – Un vilain chroniqueur du Journal, suppôt de l’empire Québecor, vassal de PKP ? 

B – L’ancien directeur général de l’information de Radio-Canada, maintenant professeur invité au Département de communications de l’UdeM, l’honorable Alain Saulnier ? 

Si vous avez répondu B – Alain Saulnier, vous gagnez un morceau de robot. 

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PRIVÉ DE MANDAT 

Monsieur Saulnier réagissait dans Le Devoir au rapport d’experts qui recommande que Radio-Canada dise « bye bye » à la publicité au cours des cinq prochaines années « en commençant par les contenus de nouvelles ». Vous imaginez ? Plus de pubs pour des VUS ou des hamburgers en plein milieu d’un reportage sur Sainte Greta au Téléjournal

Ma réaction à la recommandation de ce rapport ? Il était temps. 

Ça fait des années qu’on le dit : Radio-Canada n’a pas à se livrer à une guerre commerciale avec le privé et doit se concentrer à faire des émissions que les autres ne font pas. 

Mais c’est bizarre... quand c’est nous qui le disons, on se fait traiter de vilains ennemis de Radio-Canada. 

Ça m’a beaucoup fait rire de lire dans le rapport Yale toutes les mentions du « mandat » de Radio-Canada. 

Parce que chaque fois que moi ou mes collègues du Journal reprochons à la société d’État de ne pas respecter son mandat, les animateurs de Radio-Canada (et les chroniqueurs de La Presse qui ont des jobs d’animateurs/chroniqueurs à Radio-Canada) se moquent de nous. 

Pourtant, voyez ce que déclarait hier au Devoir le groupe citoyen Les Amis de la radiodiffusion : « Avoir un joueur qui n’existe pas pour offrir des spectateurs aux annonceurs, mais pour livrer la démocratie aux citoyens, c’est tellement important ». 

Dans le rapport Yale, on lit : « CBC/Radio-Canada doit favoriser la diversité du contenu médiatique, pour refléter la composition du Canada, non pas se concentrer uniquement sur les auditoires grand public lucratifs ». 

Permettez-moi quelques questions... 

Si Radio-Canada favorise la diversité, peut-on exiger une diversité... d’opinions ? Est-ce trop demander que l’opinion de gens qui pensent différemment de la clique de gauche soit entendue, représentée objectivement et respectée à Radio-Canada au lieu d’être constamment dénigrée, méprisée, ridiculisée ? 

Peut-on demander que ceux qui pensent différemment du catéchisme radio-canadien soient reçus à la télé et la radio autrement que par des animateurs qui se bouchent le nez et répriment une envie de vomir ? (Quand mon collègue Mathieu Bock-Côté est allé présenter son dernier livre à l’émission littéraire de la radio, il s’est fait reprocher sa relation avec sa mère plutôt que de discuter de ses idées.) 

À combien de féministes intersectionnelles, d’anti-laïcité, d’anti-loi 21, de multiculturalistes la société d’État doit-elle donner la parole avant qu’on ait le droit à un point de vue opposé ? 

Si Radio-Canada met fin à la pression commerciale, va-t-elle cesser de charger aux contribuables des frais pour accéder à l’Extra de tou.tv ? 

Et si Radio-Canada applique la recommandation du rapport « de prendre des risques créatifs », va-t-elle ramener à l’antenne des émissions culturelles ? 

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