/entertainment/music
Navigation

«Je suis plus heureux aujourd'hui» - Mika

Mika (droite)
AFP Mika (droite)

Coup d'oeil sur cet article

Pétillant et enthousiaste, Mika était dernièrement de passage au Québec, où il a notamment participé à la magnifique émission «En direct de l'univers». Généreux et affable, il a reçu notre journaliste dans sa suite d'un hôtel de luxe du centre-ville, en toute simplicité. Volubile et sans tabou, il nous a parlé de sa mère malade, de son amoureux, de son dernier album et de sa tournée mondiale. 

Rencontré la veille de l’émission «En direct de l’univers», Mika a avoué être terrorisé. «Je suis anxieux et heureux en même temps. Je suis un maniaque de contrôle et je n’ai aucune idée de ce qu’il va se passer à cette émission... Le seul truc, c’est que j’ai fait l’entrevue, qui a duré une heure et demie, avant Noël. J’avais bu deux verres de vin, et il est possible que je regrette un peu ce que j’ai dit. (rires)» 

Même s’il aime contrôler son environnement de travail, Mika a quand même eu une énorme surprise, car il ne s’attendait pas du tout à voir deux de ses soeurs et son neveu débarquer sur le plateau. «Ma famille ne sera pas là, car ils sont tous auprès de ma mère, qui est très malade. Mon père est à Dubaï. En ce moment, ils ont assez de problèmes à gérer», nous a-t-il indiqué quelques heures avant l’émission, sans savoir qu’ils étaient dans l’avion. Joannie, sa maman, a en effet été diagnostiquée d’un cancer au cerveau il y a plusieurs mois. 

Toujours est-il que le chanteur britannique était très heureux de l’honneur que le Québec lui faisait avec cette émission. «Dès le premier jour où j’ai mis les pieds ici, j’ai aimé. Il y a un côté américain chez moi, mais rester aux États-Unis, je n’aime pas ça. Je suis aussi francophone et libanais. Quand je viens à Montréal, je mange des mets syriens ou libanais, je peux parler arabe, français, italien ou anglais. En même temps, je peux voir toutes les familles juives qui marchent dans la rue sous la neige. Cette coexistence et ce mélange de cultures donnent à cette ville un fond émotionnel que je trouve extrêmement rassurant et agréable. 

Remise en question

En prélude à sa tournée mondiale, Mika a sorti un nouvel album l’automne dernier, sobrement intitulé «My Name Is Michael Holbrook», qui est son véritable patronyme civil. «Cet album n’est pas une destination, je le vois plutôt comme un nouveau départ. Après le premier album, celui de la découverte, j’en ai fait un plus introspectif, et un autre plus provocateur. J’ai eu des phases différentes.» 

Toutefois, le chanteur a eu l’impression que ce cinquième album allait marquer un tournant. «J’ai réalisé que ma carrière d’adulte vient de débuter avec ce nouveau disque sur lequel on retrouve, bizarrement, la candeur, le côté pétillant, presque une naïveté inconsciente, très adulte et très émerveillée. Tout est arrivé quand j’ai commencé à confronter les choses en me supportant et en me tolérant moi-même, non plus en mettant mon poids sur les épaules de ma mère, de mes soeurs ou de mon équipe. En réclamant ce nom civil, que j’ai rejeté toute ma vie, je me suis davantage assumé. Je suis maintenant très curieux de savoir qui je vais devenir.» 

Choix difficiles

Cette prise de conscience est arrivée avec une certaine maturité, mais aussi avec des défis. «Après avoir passé plus de 10 ans avec une personne (le chanteur est en couple avec le réalisateur Andreas Dermanis, NDLR), tu arrives à un moment où tu dois prendre la décision de savoir si tu pars ou si tu restes, c’est aussi simple que ça. Tu n’as plus le ¨rush¨ de l’amour du début, et en regardant l’autre personne, tu te vois toi-même. Ça peut te rendre très mal à l’aise. Non seulement ça, mais tout ce que je faisais me renvoyait à moi-même, que ce soit dans ma vie personnelle ou dans mon travail. Mais la vie change et, quand tu deviens adulte, tu dois te confronter à toi-même.» 

Ne voulant pas tomber dans la déprime ou la rancoeur, Mika a plutôt opté pour une autre stratégie. «J’ai décidé d’être plus détaché des gens autour de moi, que ce soit la personne que j’aime, ma famille ou mes amis, comme une sorte de détachement pour pouvoir être encore plus en amour. Je me suis dit qu’en étant détaché, je pourrais être plus proche de ce que je ressens. Pour le moment, ça fonctionne parfaitement. Je suis plus heureux et plus résistant aujourd’hui, et ça me permet de trouver un équilibre plus facilement.» 

Fin d'un chapitre

Coach à l’émission «The Voice» en France durant six saisons, Mika a finalement mis un terme à sa participation l’automne dernier. Mais il reconnaît que cette expérience lui en a appris pas mal sur son industrie. «Ça m’a fait comprendre qu’il n’y a pas de règle et qu’il faut rester humble pour préserver la candeur de l’écoute. Je me suis beaucoup amusé, car j’ai pu faire l’émission sans changer qui je suis, sans avoir de complexe de crédibilité. Mais à un moment, il faut savoir quand se retirer. Ça reste de la télévision, et j’ai pu aller plus loin que ma peur des caméras.» 

De plus, Mika s’enorgueillit d’être le coach dont les candidats, parmi toutes les versions de «The Voice» à travers le monde, ont vendu le plus d’albums. «En termes de ventes de disques, mes talents (Kendji Girac, Fréro Delavega...) en ont vendu plus que tous les autres candidats réunis de toutes les émissions. C’est pas mal.» 

Tournée internationale

La tournée «Revelation» a commencé à la fin de l’automne et se poursuit jusqu’en novembre 2020. «J’ai le souvenir d’un concert de Prince dans lequel j’ai eu l’impression qu’il me parlait directement. Il a révélé qui il était et, selon moi, il faut que cette révélation se passe à chaque concert. Ma tournée comporte donc une compilation de toutes mes chansons, avec une grosse scénographie. Et il y a surtout un truc magique qui se passe, c’est-à-dire que, même dans une salle de 10 000 personnes, tu vas oublier tout le monde autour de toi. Je sais comment le faire.»