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Chili: un jeune abattu, quatrième mort en trois jours de violences

Chili: un jeune abattu, quatrième mort en trois jours de violences
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Un jeune homme est mort, vendredi, après avoir été touché d’une balle dans la tête, portant à quatre le bilan des décès au Chili en trois jours de troubles violents, conséquences de la grave crise sociale que traverse le pays.  

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L’étudiant âgé de 24 ans est décédé des suites de ses blessures, deux jours après avoir été hospitalisé dans un état grave, a-t-on indiqué de source hospitalière.  

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L’incident s’était produit lors d’une manifestation faisant suite à la mort d’un admirateur du club de football Colo Colo. Ce dernier avait été renversé par un camion de police au milieu d’affrontements entre des partisans et des agents de sécurité à l’extérieur du stade de l’équipe à Santiago, à l’issue d’un match comptant pour le championnat national.  

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Cette nouvelle flambée de violence est intervenue alors que les troubles avaient baissé en intensité depuis plusieurs semaines, se limitant à des manifestations, parfois émaillées de violences, tous les vendredis dans le centre de la capitale.  

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Une trentaine de personnes ont été tuées depuis le début de la crise il y a trois mois, en majorité dans des incendies. Plusieurs milliers d’autres ont été blessées dans la répression des manifestations.   

Une «grave crise» en matière de respect des droits de l'Homme 

Le Chili traverse «une grave crise» en matière de respect des droits de l'Homme depuis le début de la fronde sociale il y a trois mois, estime la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) dans un rapport préliminaire rendu public vendredi.   

«Le Chili traverse aujourd’hui une situation de grave crise concernant les droits de l’homme», a déclaré la présidente de la CIDH, Esmeralda Arosemena, qui s’est rendue à Santiago pour la présentation du rapport dont la version finale sera diffusée dans les prochains mois.     

Selon la CIDH, «plusieurs cas d’abus, détentions (arbitraires) et utilisation disproportionnée de la force» ont eu lieu en raison du non-respect par la police des «standards internationaux dans la gestion des manifestations».     

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La réponse des autorités aux mouvements de protestation a été caractérisée par des «conduites répétées de violence à l’encontre de manifestants qui ont entraîné un nombre élevé de cas de violations des droits de l’homme», souligne la Commission.     

La CIDH, qui dépend de l’Organisation des États d’Amérique (OEA), invite le gouvernement chilien à «adopter immédiatement des mesures pour faire cesser» les abus et à ouvrir des enquêtes pour sanctionner les responsables.     

L’organisme souligne également que 4000 policiers ou membres de forces de l’ordre ont été blessés depuis le début du mouvement de contestation.     

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Selon le parquet chilien, 31 personnes sont mortes entre le 18 octobre 2019 et le 28 janvier 2020. Parmi elles, quatre ont été tuées à la suite de l’intervention des forces de sécurité et deux sont mortes alors qu’elles étaient détenues. Plus de 5500 personnes ont subi des violations de leurs droits.     

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Amnesty International et Human Rights Watch, ont déjà critiqué le gouvernement du président conservateur Sebastian Pinera et l’action des forces de sécurité pour le nombre élevé de cas de violations des droits de l’homme depuis le début des manifestations contre les inégalités sociales.