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L’Office national de l’énergie blâmé pour son manque de français

Oléoduc Trans Mountain
Photo d'archives, Kinder Morgan Energy Partners

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OTTAWA | Le commissaire aux langues officielles blâme l’Office national de l’énergie (ONE) pour avoir publié uniquement en anglais un important rapport sur le projet d’expansion du pipeline Trans Mountain.  

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L’organisation fédérale, rebaptisée Régie canadienne de l’énergie, n’a pas pris le temps de traduire en français un document très attendu au moment de le rendre public en février 2019, déclenchant ainsi une enquête du commissaire Raymond Théberge à la demande du Bloc québécois.  

« Selon la norme d’égalité réelle, l’ONE devait publier le rapport simultanément dans les deux langues officielles sur son site web », a tranché M. Théberge cette semaine.  

Le document en question marquait la fin d’un nouvel examen qu’a dû mener l’ONE sur Trans Mountain après qu’une décision de la Cour fédérale d’appel eut mis sur la glace le projet d’agrandissement de l’oléoduc.  

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Une semaine plus tard  

La version française n’a été rendue publique qu’une semaine après la publication originale et M. Théberge conclut ainsi que l’institution fédérale a contrevenu à la section IV de la Loi sur les langues officielles.  

« J’espère que ça va envoyer le message qu’il y a encore des gens qui trouvent important que le français soit respecté au Canada et que ces lois-là n’existent pas pour rien », a dit vendredi le député bloquiste qui a formulé la plainte au commissaire, Xavier Barsalou-Duval.  

Il dénonce un « deux poids, deux mesures » entre la façon dont l’ONE traite la langue de Shakespeare et celle de Molière. Pourtant l’ONE a plaidé auprès du commissaire Théberge qu’il avait tout fait pour traduire le document en temps opportun, mais qu’un délai serré l’a forcé à se rabattre sur un bilinguisme partiel lors de son annonce.  

Un scandale  

Dans son argumentaire, l’institution fédérale fait valoir que plus de 10 employés étaient affectés à la traduction de la documentation.   

On souligne aussi que la conférence de presse s’est déroulée dans les deux langues officielles et que certains éléments de documentation, comme le communiqué, étaient disponibles en français.  

« C’est facile de dire qu’on a essayé de le faire entièrement en français, mais qu’on n’a pas eu le temps. Si la situation inverse se produisait, avec l’anglais, ce serait un scandale », a de son côté lancé M. Barsalou-Duval.  

Ce n’est pas la première fois que l’ONE est pris en défaut par le Commissariat aux langues officielles. En 2015, l’organisme basé à Calgary, en Alberta, a reçu un blâme pour avoir publié des documents presque uniquement en anglais concernant Énergie Est. Depuis abandonné, ce projet de pipeline traversait plus de 800 cours d’eau sur plus de 600 km au Québec.  

– Avec la collaboration de Guillaume St-Pierre