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Allô Peter! Allô Erin!

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Photo capture d’écran TVA Nouvelles Au-delà de la maîtrise du français, c’est le bien faible intérêt pour le Québec qui marque le début de la course chez les conservateurs.

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Au lendemain du départ d’Andrew Scheer, tous les espoirs étaient permis chez les conservateurs. Le profil du prochain chef (imaginé) ne pouvait que conduire à la victoire. Moins de deux mois plus tard, les conservateurs du Québec sont passablement inquiets. Et ils ont raison.  

Le français de Peter MacKay pourrait ne représenter que la pointe d’un iceberg. Cette semaine, son opposant Erin O’Toole a tenté de profiter du débat provoqué par sa mauvaise performance en français lors de son lancement. La question soulevée : le prochain chef conservateur doit-il être bilingue pour interpeller le Québec ?   

Au-delà de la langue 

Ma question à moi : les deux principaux candidats ont-ils montré le moindre intérêt pour le Québec dans leur lancement de campagne ? Dans le passé, on a vu des lancements en deux temps. Un événement au Québec et un autre, ailleurs, au Canada dans les premières 24 ou 48 heures. Un discours en français, et un autre en anglais. 

Dans le cas des deux principaux candidats conservateurs, aucun intérêt à l’endroit du Québec n’a été manifesté. Pas d’événement au Québec, pas de passage hâtif au Québec, pas d’annonce d’un important lieutenant québécois. La campagne est encore jeune ? On n’a jamais une deuxième chance de faire une bonne première impression. 

De Trois-Rivières à Toronto ! 

On a fait des reproches à Andrew Scheer ? Dois-je rappeler que, pas plus tard qu’en septembre dernier, le chef conservateur avait partagé la journée du déclenchement d’élection. Il avait fait un rassemblement à Trois-Rivières à l’heure du dîner, puis un autre lancement de campagne à Toronto en soirée.   

Son entourage nous soufflait à l’époque à quel point cela envoyait un signal d’intérêt sincère à l’endroit du Québec. Je suppose qu’on doit interpréter avec la même grille d’analyse l’absence des nouveaux candidats à la direction. 

Dans le cas plus précis du français de Peter MacKay, il me semble qu’il y avait une façon simple de calmer le jeu. Il n’y a pas de meilleure façon de prouver son aisance en français que de participer à quelques émissions de radio ou de télé, en allant se présenter et expliquer tout simplement les motivations derrière sa candidature. À la place, il a fait un saut à Montréal en cachette, hier, dans un hôtel près de l’aéroport. 

Bien sûr, on nous répond qu’il n’a pas donné beaucoup d’entrevues individuelles en anglais non plus. Mais cela indique surtout que, dans l’entourage immédiat du candidat favori de la course, on ne s’émeut pas trop trop de la réaction des Québécois. 

Quelques députés québécois ont néanmoins appuyé monsieur MacKay. Les pauvres ont davantage l’air d’opportunistes qui tiennent à associer leur nom au gagnant au plus vite. Une stratégie connue lorsqu’on espère que le futur grand patron s’en souvienne... 

Les conservateurs du Québec sont entrés dans la dernière campagne plein d’espoir, notamment grâce à une équipe impressionnante de candidats. Le résultat très décevant fut attribué au chef. À ce jour, le remplacement du chef ne s’annonce pas porteur d’un espoir renouvelé.