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Jolin-Barrette en redémarrage

GEN-FRANCOIS-LEGAULT
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Au caucus de la rentrée d’automne de la CAQ, à Rivière-du-Loup, Simon Jolin-Barrette, pilote de la laïcité, avait été accueilli en héros par les élus et les militants. Pour la rentrée hivernale, l’entourage de François Legault le considère comme un ministre «qui n’a plus droit à l’erreur».

Le contraste est saisissant. 

Le jeune ministre, considéré comme une étoile du gouvernement, a été dépeint par François Legault lui-même comme un «robot brisé», dans l’émission de fin d’année d’Infoman

Il s’agissait là d’une citation au potentiel de broyeur d’ego.

L’atroce session parlementaire de Jolin-Barrette, marquée par la pause forcée de sa réforme de l’immigration concernant les étudiants étrangers, a laissé des traces.

Évidemment, personne n’aime se sentir humilié.

Tant le ministre que sa famille ont trouvé l’épisode difficile.

Habituellement omniprésent, il a cherché à éviter les caméras pendant la réunion préparatoire du gouvernement tenue à Saint-Sauveur, dans les Laurentides, jeudi et vendredi.

Aux côtés de François Legault pour le point de presse de clôture, il n’a pas remué les lèvres. Même lorsque le chef a été questionné sur la livraison de son plan pour la langue, qui devait être présenté l’automne dernier et pour lequel il ne veut plus fixer d’échéancier.

Dans l’équipe gouvernementale, plusieurs estiment qu’il a fait preuve de trop d’empressement l’automne dernier, mais à sa décharge, on signale aussi qu’il a découvert les limites des ressources du ministère de l’Immigration, qui n’est pas exactement un geyser de compétences. 

Le ministère est peu outillé et, particulièrement en raison des changements apportés par la CAQ, il a une expertise à rebâtir. «Il a appris qu’il ne peut pas uniquement se fier à ce qui lui est remis, qu’il doit se méfier», a illustré une source près du premier ministre.

Tourbillon

Dans son esprit, bien qu’il admette qu’il y avait quelques incohérences dans les listes préparées pour lui l’automne dernier, il s’est retrouvé au cœur d’une amplification médiatique. D’un feu qu’il n’était plus possible d’éteindre.

Au moment où le bureau du premier ministre a décidé de mettre sa controversée réforme sur pause, il jugeait lui aussi que le «bruit» était devenu trop important pour s’expliquer.

Reprendre le collier

Reconnu pour être un bourreau de travail, Simon Jolin-Barrette devrait se départir assez rapidement du costume d’homme-cellophane qu’il semblait revêtir au caucus ces deux derniers jours.

D’abord parce qu’il retrouvera son rôle de leader combatif mardi, au parlement, avec une réforme des travaux parlementaires à préparer. 

Mais surtout parce que, malgré les mois de novembre et décembre qu’il a trouvé pénibles à traverser, il est convaincu de la nécessité de lier davantage l’immigration aux besoins du marché du travail.

Après avoir consulté les partenaires des établissements d’enseignement, notamment, une nouvelle liste des programmes en demande de main-d’œuvre sera établie et il pourra présenter une réforme 2.0 du Programme d’expérience québécoise (PEQ), probablement avant la fin du printemps.

Quant au renforcement de la langue, le ministre souhaite surtout s’assurer que le français sera la langue de service pour les immigrants afin d’éviter que l’État se «bilinguise».

Donc, que l’État s’exprime en français dans ses échanges avec les citoyens, à l’exception des membres de la communauté historique anglophone, dont les droits sont protégés. 

En devant jongler à la fois avec les dossiers de la protection de la langue et de l’immigration, force est d’admettre qu’il s’est retrouvé avec des missions délicates, qui avaient été négligées par surcroît.

On verra dans la prochaine session si la pause des Fêtes lui a été bénéfique...