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Un nouveau chapeau pour le marché Bonsecours

1977

Un nouveau chapeau pour le marché Bonsecours
Photo d'archives de la Ville de Montréal, reconstruction du dôme du marché Bonsecours [sur la rue de la Commune]. septembre 1977. VM94-RP248-023

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Photo Ben Pelosse
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UNE COUPOLE SUR LA RUE

Sur la rue de la Commune, ce ferblantier finalise les soudures du nouveau dôme du marché Bonsecours en septembre 1977. Un an plus tôt, un incendie spectaculaire avait ravagé la coupole de ce bâtiment iconique. Cette catastrophe pose un défi majeur : comment restaurer cet édifice patrimonial de façon authentique ? Étonnamment, l’occasion n’est pas unique dans la longue histoire du marché Bonsecours. En 1948, un incendie avait détruit une première fois le dôme centenaire. Le brasier a été causé par un mégot de cigarette jeté par mégarde par les travailleurs occupés à sa réparation ! Le marché Bonsecours étant sur son déclin, le dôme n’est pas reconstruit. À sa fermeture en 1963, l’édifice est sauvé in extremis. Bien que rénové à grands frais pour servir de bureau aux fonctionnaires municipaux, le dôme reconstruit en 1965 n’est pas identique à celui d’origine. La recherche historique ayant été approfondie en 1977, la nouvelle coupole s’inspire directement de celle construite en 1847, quelque 130 ans plus tôt.

UN INCENDIE, DEUX CAUSES POSSIBLES

Un nouveau chapeau pour le marché Bonsecours
Photo d'archives de la Ville de Montréal, incendie du dôme du marché Bonsecours. 30 juillet 1976. VM94-Ud078-007

Le soir du 30 juillet 1976, la coupole du marché Bonsecours est réduite à un squelette de ferraille noircie. Les pompiers de service mettent tout en œuvre pour éviter que les flammes s’étendent au reste de l’édifice. Lors de la recherche des causes du brasier, un court-circuit dans le système de climatisation est d’abord considéré par le service des incendies de la métropole. Puis, une deuxième hypothèse surprenante s’impose. Ce soir-là, un navire en difficulté dans le port était sur le point d’entrer en collision avec des bateaux de l’armée canadienne chargés de munitions. En lançant des fusées de détresse, l’équipage aurait peut-être provoqué le brasier du côté du marché Bonsecours. Survenant 48 heures avant la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Montréal, l’incendie n’attire l’attention de Jean Drapeau que quelques jours plus tard. La restauration de la coupole du marché Bonsecours devient la priorité du maire après les Olympiques. Estimés à 840 000 $, les travaux sont finalisés en 1978.

QUEL AVENIR POUR LE DÔME ?

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Photo d'archives de la Ville de Montréal, reconstruction du dôme du marché Bonsecours [sur le toit de l’édifice]. Septembre 1977. VM94-RP249-039

Le dôme est posé en équilibre sur les échafaudages alors que les travaux entrent dans leur phase finale. Bien qu’il représente un élément clé de l’architecture du marché Bonsecours, le dôme de style ionique n’a jamais eu de fonction bien définie. Selon les plans initiaux en 1845, une bibliothèque était prévue dans cet espace, mais celle-ci ne sera jamais réalisée. La coupole sert néanmoins de loge pour les artistes se donnant en spectacle dans la salle de concert du marché Bonsecours jusqu’en 1879. S’il est un repère visuel pour les navires arrivant dans le port de Montréal, il perd sa prédominance en 1912. Situé du côté de la rue des Commissaires (Commune), l’immense silo élévateur à grain no 2 sur la rive surplombe le marché Bonsecours. Le dôme nouvellement réaménagé retrouve son piédestal en 1978 alors que le silo est démoli pour ouvrir la vue sur le fleuve. À l’image de la coupole désaffectée de l’édifice Lucien-Saulnier, celle du marché Bonsecours cherche encore aujourd’hui une vocation.