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Un procès bidon

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Comment s’appelle un procès où des témoins importants ne sont pas entendus, où des documents essentiels sont absents et où des juges déclarent d’avance que l’accusé est innocent ? Un procès bidon ? Une fraude ?  

C’est en tout cas le pénible spectacle qu’offre le Sénat américain à sa population et au reste du monde. À moins d’un coup de théâtre de dernière minute, Donald Trump sera acquitté. Il pourra même se présenter comme un martyre de la politique. Ce pseudo-procès confirme que Trump vogue vers la victoire aux élections présidentielles de novembre.  

Quel est l’impact du procès au Sénat sur la popularité de Donald Trump ? 

Le taux de satisfaction du président dépasse les 45 %, un sommet inégalé depuis les mois qui ont suivi son élection. Ce taux de satisfaction très élevé explique la réticence des sénateurs républicains à mener un vrai procès contre Trump. 

Quels sont les arguments des sénateurs républicains ? 

Les arguments des sénateurs républicains sont faibles. Ils reconnaissent que Trump a utilisé ses pouvoirs présidentiels pour cibler un opposant politique... Mais ajoutent que ceci ne constituerait pas un motif suffisant pour le démettre de ses fonctions et que, de toute manière, il appartiendra aux électeurs de juger. Ces arguments sont faux. Richard Nixon a été obligé de démissionner pour cette raison, entre autres. Les procès contre les présidents sont prévus par la Constitution américaine pour éviter d’attendre le verdict d’une nouvelle élection.   

Où en sont les candidats démocrates ? 

Selon la plupart des sondages, les principaux candidats démocrates battraient Trump aux prochaines élections en nombre de votes. Mais étant donné la répartition des votes, c’est le républicain qui finirait encore par devenir président. Les meneurs chez les démocrates sont des vieillards peu rassembleurs. Élizabeth Warren et Bernie Sanders sont trop à gauche pour les électeurs de droite, tandis que Joe Biden est trop à droite pour les électeurs de gauche. Quant à Michael Bloomberg, le sixième homme le plus riche des États-Unis, il aura de la difficulté à convaincre ceux qui craignent que les États-Unis tombent définitivement entre les mains d’une classe de gens ultra-riches. 

L’économie américaine aide-t-elle Trump ? 

En surface, l’économie américaine performe bien. Mais cette performance est quelque peu artificielle. Ainsi, la forte croissance de la Bourse américaine provient en bonne partie du rachat d’actions par les compagnies qui les émettent. Ainsi, parce que le nombre d’actions diminue, celles qui restent reçoivent automatiquement plus de dividendes. La croissance boursière aux États-Unis reflète donc mal l’état réel de l’économie. À cet égard, il faut noter que l’activité manufacturière est tombée en décembre à son plus bas niveau depuis 10 ans. Malgré tout, il est probable que l’économie continuera à croître en 2020, ce qui devrait contribuer à la réélection de Donald Trump. 

La politique internationale aide-t-elle Trump ? 

Les politiques internationales du président sont un échec dans bien des domaines. Les États-Unis sont presque entrés en guerre avec l’Iran, les talibans reviennent au pouvoir en Afghanistan, la Corée du Nord poursuit son programme nucléaire et l’entente commerciale avec la Chine est très faible, même si, en théorie, elle ne constitue qu’une étape de négociation. Mais la politique internationale compte peu aux yeux des partisans de Trump, pourvu qu’ils aient le sentiment que les soldats américains reviennent à la maison, que les émigrants illégaux profitent moins du système américain et que les Chinois ne volent pas leurs emplois.