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Zoé: Portés par des visions opposées

WE 0201 Théâtre
Photo courtoisie, Théâtre Denise-Pelletier

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L’auteur et metteur en scène Olivier Choinière a voulu, avec sa création, mettre de l’avant les divergences d’opinions notamment en matière de philosophie. Dans Zoé, prochainement à l’affiche au Théâtre Denise-Pelletier, on verra ce qui oppose un professeur et son étudiante.

L’auteur Olivier Choinière, qui écrit pour le théâtre depuis déjà 20 ans, aime se questionner sur les choix que l’on fait en société. Est-ce la pression sociale qui indique nos choix, ou est-ce plutôt nos propres choix et nos idéaux, en tant qu’être humain libre, que l’on observe ?

De là l’idée d’écrire sur une grève étudiante et sur Zoé (Zoé Tremblay-Bianco) qui tient à suivre ses cours de philosophie. La jeune femme refuse de prendre part aux manifestations et exige d’avoir ses cours afin de ne pas interrompe ses études. « Elle va obtenir d’un juge une injonction obligeant ses professeurs à lui enseigner », révèle l’auteur.

Ainsi, pour se présenter en classe, elle devra s’y rendre escortée par un garde du corps. Son professeur de philosophie, Luc (Marc Béland) n’a d’autre choix que de lui donner son cours, même si elle est la seule en classe, et ce, sous peine d’emprisonnement.

C’est lors de la grève étudiante de 2012 au Québec que l’auteur a été interpellé au point d’en faire une pièce. Certains professeurs, malgré une injonction, refusaient d’enseigner, alors que d’autres l’ont fait devant un seul étudiant.

« Enseigner la philosophie sous la contrainte, et étudier alors que des manifestations avaient lieu me semblait être une situation à la fois absurde et fascinante », s’exclame-t-il.

Aux antipodes

Dans ce huis clos, on verra que le professeur et l’élève ont des visions diamétralement opposées.

« Au lieu de lui donner son cours de philosophie, il décidera d’engager, avec son unique étudiante en classe, un dialogue sur les motifs et les conséquences de ses actions », explique l’auteur.

Mais même si tout les oppose, les deux protagonistes s’engageront dans une conversation profonde et articulée.

Si on a vu plus d’une fois des pièces mettant en scène un professeur et son élève, on pense notamment à La leçon de Ionesco ou encore à L’éducation de Rita de Willy Russell, l’auteur se défend d’avoir fait autrement. « Je ne voulais pas rejouer un rapport maître-élève qui soit fait d’admiration ou de séduction », souligne Olivier Choinière, qui ajoute que nous sommes plutôt dans une situation inverse.

« Dans Zoé, celle-ci fait appel au pouvoir judiciaire, obligeant Luc à lui enseigner et en vient même à orienter la matière qui lui sera enseignée. Le professeur n’est plus en position de pouvoir », précise-t-il.

Une certaine authenticité

Pour ajouter de la crédibilité à son texte, l’auteur a travaillé avec un conseiller dramaturgique et une dramaturge ainsi qu’un professeur de philosophie. « Le prof de philo représente, d’une certaine façon, la vision du personnage de Luc », fait remarquer Olivier Choinière.

La pièce questionne la justice, à savoir si la majorité a toujours raison et s’il est acceptable d’agir au détriment des autres.

Parmi les thèmes évoqués, on compte le pouvoir, la démocratie, la communauté et la liberté.

Zoé  

Auteur et mise en scène : Olivier Choinière

Distribution : Marc Béland et Zoé Tremblay-Bianco

Du 5 au 29 février

Au Théâtre Denise-Pelletier (salle principale)