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Le porteur de ballon

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Au sein du gouvernement Legault, on aime dire qu’en environnement, « on ne veut pas un ministre qui flashe, on veut un ministre qui livre ».

Benoit Charette n’a en effet surtout pas un profil flamboyant. Et il aura grandement besoin des attributs d’efficacité qu’on lui prête alors que le Québec doit passer en deuxième vitesse dans la lutte aux changements climatiques.

Il ne s’attendait pas vraiment à un appel du premier ministre lorsque MarieChantal Chassé a été dégommée, mais du même souffle, il confie que l’environnement était un secteur pour lequel il avait signalé son intérêt après l’élection de 2018.

Après un an aux commandes, il doit faire en sorte que l’environnement ne soit plus un ministère de deuxième ordre comme avant.

Tant les préoccupations que les attentes de la population sont grandes.

L’ambitieux élargissement de la consigne annoncé jeudi devra être livré. Une solution pour la relance des centres de tri doit être proposée rapidement.

Un plan de réduction des gaz à effet de serre en deux temps, ce printemps et cet automne, est attendu de pied ferme. Ça en fait beaucoup sur les épaules du ministre.

Imperturbable

« Je serais très, très inquiet, pour tout dire, si je ne sentais pas l’appui de mes collègues », dit-il, imperturbable comme à son habitude.

Le double mantra caquiste de développer l’économie tout en réduisant les GES lui permet de travailler étroitement avec des équipes disposant de plus de ressources.

« Le ministère est devenu en quelque sorte un ministère à vocation économique à proprement dit », admet-il. Selon lui, cette nouvelle dynamique lui donnera les moyens de produire des résultats concrets.

Danger

Toutefois, un danger le guette : celui d’être avalé graduellement par les autres missions de l’État et de se buter à la résistance d’autres ministères, documentée par le triste échec du Conseil de gestion du Fonds vert.

Au moins, le studieux ministre a démontré qu’il pouvait résister au lobby des embouteilleurs en présentant la consigne élargie.

Mais sa marge d’erreur sera bien mince dans les prochains mois, alors que les yeux resteront rivés sur lui et que la crédibilité « verte » du gouvernement caquiste repose sur ses épaules.