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Sang: une pièce bouleversante

Dans la solitude des champs de coton
Photo d’archives Sébastien Ricard

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L’Usine C propose à ses spectateurs une tragédie grecque des plus modernes, mais aussi des plus bouleversantes. C’est la metteuse en scène Brigitte Haentjens qui a opté pour la pièce Sang, de l’auteur suédois Lars Norén, reconnu pour aborder des thèmes psychosociaux dans ses pièces. Pour réaliser son projet, elle a tenu à travailler une fois de plus avec la tête d’affiche Sébastien Ricard, son complice de longue date.

L’acteur Sébastien Ricard, qui est en quelque sorte le comédien fétiche de la metteuse en scène Brigitte Haentjens – ils en sont à leur septième production –, collaborera une fois de plus avec elle sur la scène de l’Usine C. « Ça fait pratiquement 10 ans que l’on travaille ensemble », lance le comédien. On se souvient notamment de leur complicité dans la pièce Richard III de Shakespeare au TNM, où il tenait le rôle-titre, dans L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht, et aussi plus récemment dans La solitude des champs de coton, toutes deux présentées à l’Usine C. « Comme on a souvent évoqué l’idée de théâtre politique ensemble, Brigitte m’a proposé de lire ce texte de l’auteur suédois Lars Norén », explique le comédien, qui admet avoir été renversé par le propos de la pièce de l’auteur contemporain. « J’ai sincèrement été très bouleversé à la lecture de cette pièce », confie l’acteur. 

« C’est la force et la puissance de cette tragédie moderne, inspirée du mythe d’Œdipe roi de Sophocle, héros de la mythologie grecque, qui m’ont frappé. La transposition contemporaine est vraiment bien faite. »

Sur les planches, il formera un couple avec Christine Beaulieu, avec qui il joue pour la première fois. Un couple avec un lourd passé et un destin tragique, malgré leur réussite professionnelle.

Coup d’État au Chili

La pièce nous rappellera le coup d’État militaire de septembre 1973 au Chili, quand le gouvernement élu de Salvador Allende est renversé. « La plupart des gens se rappellent le coup d’État survenu au Chili, qui est un événement politique important », souligne Sébastien Ricard, qui personnifie Éric. Ce dernier ainsi que sa femme, Rosa, sont deux anciens socialistes ayant milité contre la dictature de Pinochet. « Ils ont fui le Chili par crainte de représailles pour se retrouver à Paris », indique-t-il.

Au moment de leur fuite, ils ont été obligés d’abandonner derrière eux leur fils de sept ans.

Mais leur passé va les rattraper 20 ans plus tard. « Mon personnage est devenu un psychanalyste, tandis que sa femme est journaliste de guerre », relate le comédien­­­ qui travaille sur ce projet depuis près de deux ans.

Plusieurs parallèles

Tout comme dans le mythe d’Œdipe, il sera question d’adultère et d’inceste.

« C’est un grand défi à jouer, c’est une pièce qui rentre dedans, car toute la vérité va se dévoiler avec toute son horreur », révèle Sébastien Ricard.

On pourra faire d’autres parallèles, puisque la pièce est campée dans les années 1990, alors que l’épidémie de sida s’amorce. « Dans la pièce de Sophocle, c’est la peste qui fait rage », souligne l’acteur.

Outre le théâtre, Sébastien Ricard ne chôme pas. Il a tourné deux films en 2019, dont L’acrobate de Rodrigue Jean, qui sortira prochainement, et Le Club Vinland de Benoît Pilon, où il joue un frère. La sortie est prévue en avril. S’ajoute à cela son rôle au petit écran dans la série Une autre histoire.

Sang

  • Auteur : Lars Norén
  • Metteuse en scène : Brigitte Haentjens
  • Distribution : Christine Beaulieu, Alice Pascual, Sébastien Ricard et Émile Schneider
  • Jusqu’au 15 février à l’Usine C