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Couché au sol à l’urgence pendant des heures

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Un homme fortement intoxiqué à l’alcool a passé plusieurs heures couché au sol de l’urgence de l’hôpital Notre-Dame de Montréal en fin de semaine, sans recevoir d’aide du personnel. 

Lynda Bélanger était aux urgences avec cinq autres patients dans la nuit de vendredi à samedi. C’est elle qui a fait parvenir les images à TVA Nouvelles. 

Avec d’autres patients, elle a décidé d’intervenir auprès de l’homme allongé sur le sol. 

«On a demandé un coussin, au moins pour sa tête. Il vomissait. On l'a positionné. On a mis des gants. On a trouvé une vieille couverte d'ambulance qui traînait, on l'a couvert avec ça», a raconté Simone Eaton, une des personnes présentes ce soir-là. 

Les témoins rencontrés par TVA Nouvelles indiquent que l’homme serait resté à terre entre 1h et 6h30 du matin avant que quelqu’un ne vienne le lever et l’asseoir sur une chaise de l’urgence. 

Pas besoin de voir un médecin, selon l’hôpital 

Selon la direction de l'hôpital, cet homme est bien connu du service des urgences et n'avait, cette nuit-là, pas besoin de voir un médecin.  

Il était arrivé en ambulance aux urgences vers 0h15, escorté par des policiers. Après être rapidement passé au triage, il a été retourné dans la salle d’attente pour éviter de se retrouver dehors, où il faisait très froid. 

«C'est sûr que ça peut paraître une image choquante, de voir un patient couché par terre. Mais cet homme a décidé lui-même de se coucher par terre», a expliqué le directeur général adjoint, CISSS Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal, Pierre-Paul Milette. 

«Nous nous sommes assurés que la personne n’était pas en danger pour elle-même ou pour autrui. Il n’y avait aucun risque pour sa santé physique. On l'a laissée dans le fond, dans la salle d'attente pour qu'elle puisse s'asseoir. Maintenant, est-ce qu'on aurait dû la mettre sur une civière? La réponse, c'est non», a ajouté le directeur en santé mentale et dépendance, CISSS Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal, Jason Champagne. 

«Ce n'est pas le type de personne qu'on va coucher sur une civière. On couche sur une civière des personnes qui ont besoin de soins aigus, d'observation», a précisé M. Milette. 

Dans des cas semblables, les patients intoxiqués peuvent être dirigés en taxi ou avec les policiers vers un centre de répit et de dégrisement à Montréal, où ils peuvent demeurer pendant 72 heures. 

Le directeur en santé mentale et dépendance du CISSS indique qu’il pourrait y avoir un processus d’enquête et de questionnement à savoir si la personne était volontaire ou en état de se déplacer. 

Les patients de la salle d’attente disent qu’ils vont se souvenir longtemps de cette expérience malheureuse. 

«Ça me faisait de la peine de le voir comme ça, surtout quand il avait la tête accotée sur le ciment», a confié Lynda Bélanger.