/finance/pme
Navigation

Participation record du Québec à une grande foire de la mode

Une cinquantaine de marques d’ici partent à la conquête des États-Unis

David Small
Photo Chantal Poirier David Small, vice-président de Lisette L, dans les locaux de l’entreprise, avenue du Parc, à Montréal, dans la Cité de la mode.

Coup d'oeil sur cet article

Une délégation de plus de 50 entreprises du secteur québécois de la mode met le cap sur Las Vegas cette semaine, où se déroule la plus importante foire commerciale de mode en Amérique du Nord.

Fini l’éparpillement. Au lieu de participer à une multitude d’événements internationaux chaque année, la grappe québécoise de la mode M Mode mise le tout pour le tout sur MAGIC, cette année. Une participation record de laquelle on attend beaucoup.

MAGIC, c’est le plus important marché de la mode des États-Unis. Pendant trois jours – du 5 au 7 février cette année – concepteurs, fabricants, acheteurs et détaillants ont rendez-vous sur la strip pour y découvrir tout ce qui se fait en matière de vêtements, de chaussures, d’accessoires et de ressources, pour hommes et femmes. 

C’est l’occasion en or pour les détaillants et les acheteurs d’apprendre à se connaître, et pour brasser des affaires.

« L’objectif ultime, c’est de signer des commandes, dit Debbie Zakaib, la directrice générale de la grappe métropolitaine de la mode. Les gens reviennent année après année parce que des contrats s’ajoutent, des relations se développent. Pour nous et pour nos membres, c’est vraiment une vitrine hors pair pour rencontrer des détaillants. »

Jusqu’au bout du monde

C’est le cas de David Small, vice-président de l’entreprise Lisette L, qu’il a cofondé avec sa mère et son père il y a presque vingt ans. L’entreprise se spécialise dans la confection de pantalons pour femmes, qui sont aujourd’hui vendus dans plus de 3000 points de vente dans le monde, du Canada à la Nouvelle-Zélande, en passant par l’Europe et les États-Unis. 

« C’est une excellente opportunité d’affaires, parce que des boutiques de partout viennent à Vegas pour voir de nouvelles tendances. Pour nous, on fait le plein de nouveaux clients, tant aux États-Unis qu’au Canada. C’est notre façon de parler aux gens de la côte Ouest. »

Si l’industrie montréalaise et québécoise de la mode a les moyens de se payer une telle présence à Vegas cette année, c’est qu’elle prend de l’ampleur... et du mieux. Montréal demeure la capitale de la mode, et un nombre important de nouvelles marques plus jeunes et plus innovatrices sont venues s’ajouter aux joueurs traditionnels au cours de la dernière décennie, souligne Mme Zakaib.

« Oui, notre industrie est toujours en grande mutation. Les modèles d’affaires ont changé. Mais qu’on pense à Frank & Oak, à SSense, à Simons, une panoplie de marques et de détaillants sont basés ici », dit-elle.

La main-d’œuvre demeure toujours un défi... mais c’est désormais à cause de la pénurie de main-d’œuvre qui sévit partout, et non parce que les usines d’autrefois ne peuvent rivaliser avec celles de pays en voie de développement. « On est rendus ailleurs », note Mme Zakaib. 

Pour demeurer compétitive et pour parvenir à tirer son épingle du jeu, l’industrie continue également d’investir en technologie, que ce soit pour le cybercommerce, la mise en marché ou l’identification de nouvelles tendances, dit-elle. 


► Montréal est la troisième ville manufacturière en Amérique du Nord, dans le domaine du vêtement, après Los Angeles et New York.

La mode au Québec en quelques chiffres

  • 83 000 emplois
  • 1850 établissements
  • 8 milliards $ en ventes, excluant le détail
  • 3 % du PIB