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Plus d’hospitalisations pour des tentatives de suicide au Québec

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Le nombre d’hospitalisations pour des tentatives de suicide est en hausse au Québec et le suivi étroit n’est pas égal d’une région à l’autre, un enjeu que doit prendre en main le gouvernement, croient les experts.  

Rendue publique pour la toute première fois dans la mise à jour annuelle des données sur le suicide, la statistique fait réagir. Au total, près de 3900 personnes ont été hospitalisées en 2018 pour une tentative de suicide, soit 11 par jour.   

Et puisqu’une personne ayant déjà fait une tentative est plus à risque de s’enlever la vie, une attention particulière doit être portée à ces personnes en détresse, affirme l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS).    

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Jérôme Gaudreault, directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide, à QUB Radio:   

«La personne doit obtenir un soutien dans la communauté de manière intensive [...] Le suivi étroit est une mesure efficace pour prévenir le suicide, mais actuellement, ce n’est pas disponible dans toutes les régions. Ça doit faire partie des priorités d’action», croit le directeur général de l’AQPS, Jérôme Gaudreault, qui attend avec impatience la stratégie d’action nationale annoncée l’automne dernier par le gouvernement Legault.   

Inquiétudes chez les jeunes filles  

Parmi les données sur l’hospitalisation recensées par l’Institut national en santé publique du Québec (INSPQ), les taux de tentatives de suicide chez les jeunes filles soulèvent aussi des questions. C’est dans ce groupe que la hausse a été la plus marquée, soit près de 200% en 10 ans.   

«C’est un phénomène préoccupant qui va demander une investigation supplémentaire. Il se passe quelque chose chez les jeunes filles de 15 à 19 ans, mais qu’est-ce qui se passe? C’est ce qu’il faut trouver», confie Pascale Lévesque, épidémiologiste responsable de la mise à jour annuelle de l’INSPQ.   

Actuellement, les données démontrent une augmentation du nombre d’hospitalisations, mais il est toujours trop tôt pour déterminer les causes.  

«Ça dit qu’il y a une hausse des hospitalisations pour tentative de suicide, mais ça ne dit pas qu’il y a une hausse de la détresse. Ça fait partie des hypothèses, mais il faut creuser encore», indique Jérôme Gaudreault.   

Selon l’INSPQ, «des changements dans les procédures de codification et les divers facteurs influençant la décision d’admettre un patient à l’hôpital» pourraient expliquer cette hausse.   

Baisse de la mortalité  

Même si les hospitalisations pour tentative de suicide ont augmenté au cours des dernières années, les décès par suicide eux, sont toujours en légère baisse. En 2017, le taux par 100 000 personnes était de 12,4, alors qu’il était à 13,9 en 2015.  

«On ne peut pas appeler ça une bonne nouvelle parce qu’il y a encore trois personnes qui s’enlèvent la vie chaque jour au Québec, donc il reste encore beaucoup de travail pour que ça recule significativement», souligne le DG de l’association de prévention du suicide, appelant chaque citoyen à faire sa part.   

«Il faut que chaque québécois se dise que le suicide n’est pas une option pour soi-même ni personne de son entourage. À partir de ce moment-là, on est ouvert à en parler, on s’informe et tout ça crée un momentum».  

Taux de suicide (par 100 000 personnes):    

  • 2017: 12,4  
  • 2016: 13,2  
  • 2015: 13,9    

Trois fois plus de suicide chez les hommes que chez les femmes  

Tranche d’âge la plus touchée: 50 à 64 ans  

Taux d’hospitalisation pour tentative de suicide (par 100 000 personnes):    

  • 2018: 48,4  
  • 2007: 30,3    

Si vous avez besoin d’aide:   

Ligne québécoise de prévention du suicide    

  • www.aqps.info  
  • 1 866 APPELLE (277-3553)                     

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