/sports/opinion/columnists
Navigation

Domi porte à réflexion

Coup d'oeil sur cet article

Oublions un instant les chiffres, les probabilités, on n’a pas besoin de faire une série de calculs pour sauter à la conclusion que le Canadien se retrouve encore une fois dans une situation qui se répète trop souvent depuis quelques années. 

Un plan a été soumis aux propriétaires et les résultats tardent à venir. Entre-temps, parce que Montréal est un marché particulier, on a toujours gardé en perspective que, peu importe la route que l’organisation empruntera ou encore emprunte, ou si vous préférez, a empruntée, une participation aux séries éliminatoires est l’objectif fixé. 

Alors, on vend de l’espoir. 

Oh ! Je sais, l’an dernier, le Canadien est venu à deux points d’obtenir une qualification pour le tournoi printanier. Tout au long de la saison, il avait réussi à réunir quelques conditions gagnantes. Par exemple, une saison avec une infirmerie très peu fréquentée et des joueurs fraîchement débarqués au Centre Bell connaissant la meilleure saison de leur carrière. 

Sauf que cette saison, le CH a doit composer avec un scénario bien différent et, jusqu’ici, il a été incapable de s’y adapter. 

Et les décideurs dans tout ça ? Pour calmer les consommateurs, ils embauchent Ilya Kovalchuk. Ils complètent une transaction parce qu’il était clair que le flanc gauche de la brigade défensive avait besoin de renfort sur-le-champ. S’amène Marco Scandella. 

Pas de problème 

Pas de problème. Kovalchuk a tellement étonné Marc Bergevin et son groupe qu’en fin de compte, on devra trancher : peut-il aider le Canadien pendant une autre saison ? 

Et à travers deux séquences de huit défaites, les jeunes patineurs ont eu du mal à s’adapter, ces patineurs dont on nous vantait le talent et la détermination. Ryan Poehling, Jesperi Kotkaniemi et Cale Fleury n’ont toujours pas convaincu Claude Julien, dont la mission est de gagner des matchs et de participer aux séries éliminatoires, objectifs qu’il tente toujours d’atteindre avec des
vétérans rejetés par d’autres organisations. 

Cependant, il y a un jeune patineur, Nick Suzuki, qui change la donne. 

Bergevin doit se féliciter de ne pas avoir été influencé par la campagne de Max Domi, qui, pendant l’entre-saison, s’est fait un devoir de vanter Montréal et ses amateurs. De lancer un message aux joueurs autonomes sans restriction, insistant qu’ils n’avaient aucune idée de ce que signifie endosser l’uniforme tricolore et que le Centre Bell est l’endroit le plus merveilleux. 

Domi venait de compléter la meilleure saison de sa carrière après de dures années en Arizona. Mais c’est un peu plus compliqué cette saison. Surtout en raison de la parité jumelée au plafond salarial, ce sont deux règlements qui poussent les directeurs généraux à la prudence. Aujourd’hui, devant les performances de Suzuki, a-t-on une évaluation bien différente de Domi, qui est loin d’avoir fait la différence et qui a été incapable de relever un défi important, celui d’être un grand leader pendant qu’il y avait une congestion à l’infirmerie ? 

Ça ne fait aucun doute. 

Aubaine 

Par conséquent, Suzuki va-t-il modifier le plan de Bergevin au sujet de Domi ? 

Pourquoi a-t-on hésité à amorcer des négociations au sujet d’une nouvelle entente ? Devient -il un joueur qu’on doit exposer dans la vitrine ? Assurément.   

Pour la prochaine saison, Bergevin a un engagement financier de plus de 62 millions $, dont presque le tiers de cette somme viendra gonfler le compte de banque de Shea Weber et Carey Price. Brendan Gallagher, Phillip Danault, Joel Armia, Tomas Tatar (s’il est toujours avec l’équipe) et Jeff Petry compléteront la dernière année de leur entente. En 2021-2022, ils seront tous admissibles à l’autonomie complète.   

Présentement, Danault et Suzuki sont les deux premiers joueurs de centre de l’organisation. Peut-on se permettre un joueur de centre exigeant plus de 5 millions (et peut-être que Domi sera plus exigeant puisqu’il aura droit à l’arbitrage) pivotant la troisième ligne d’attaque ? 

Oui, c’est une alternative à regarder, d’autant plus que Suzuki accapare seulement 863 333 $ de la masse salariale. Sans doute faudra-t-il y ajouter des bonis. 

Cependant, Bergevin aura besoin de liquidités pour des négociations qui s’annoncent très intenses avec les joueurs qui pourront se prévaloir de leur statut de joueur autonome sans restriction en juillet 2022. 

Il ne reste plus que trois semaines pour effectuer des échanges. 

Au cours de la semaine, Bergevin aura quelques scénarios à peaufiner. Sans doute que la semaine prochaine, il aura fait un choix. 

Domi pourrait-il soulever l’intérêt de quelques formations ? 

Bergevin n’aura pas le droit à l’erreur.