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Kenney ne mâche pas ses mots envers MacKay

Le PM de l’Alberta croit que le candidat n’est pas assez bilingue

rencontre Jason Kenney
Photo Ben Pelosse Le premier ministre albertain Jason Kenney, qui a été député fédéral durant près de 18 ans, juge que le français du candidat à la chefferie conservatrice Peter MacKay ne suffit pas.

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Peter MacKay a avantage à reprendre ses cours de français s’il veut battre Justin Trudeau aux prochaines élections : même le premier ministre conservateur de l’Alberta, son ancien collègue Jason Kenney, juge son niveau de la langue de Molière insuffisant. 

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En entrevue, la réponse ne se fait pas attendre. « Est-ce que le prochain chef du part... » 

« Oui. Oui, absolument, le prochain chef du Parti [conservateur du Canada] doit être bilingue », tranche Jason Kenney, sans nous laisser le temps de terminer la question.  

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Et qu’en est-il du français du candidat Peter MacKay ? 

« Tout ce que je vais dire, pour être généreux, c’est qu’il a beaucoup de progrès à faire », répond M. Kenney, sourire aux lèvres.  

Peter MacKay
Photo d'archives
Peter MacKay

Élus pour la première fois à Ottawa en 1997, les deux hommes se connaissent bien : ils ont tous deux été ministres fédéraux pendant près de 10 ans dans les gouvernements de Stephen Harper.  

M. Kenney a été traditionnellement associé à l’aile plus à droite du parti, tandis que M. MacKay représente plus le centre, issu de l’ancien Parti progressiste-conservateur. 

Or, que le chef soit de centre ou de droite, « il nous faut avoir un leader bilingue », martèle M. Kenney.  

Pour en découdre avec M. Trudeau lors d’un débat, mais aussi simplement pour parler aux Québécois et aux autres francophones du pays.  

L’ex-ministre de la Citoyenneté et de la Défense en est convaincu, le français est encore une compétence essentielle pour diriger un parti fédéral. Croire le contraire serait une erreur stratégique. Et le français de M. MacKay, manifestement, n’est pas à la hauteur.   

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Un risque 

« Si les membres élisent un chef qui n’a pas une compétence de base en français, évidemment c’est un risque pour le parti. »  

Il dit redouter que les appuis récoltés par les conservateurs au Québec s’amenuisent encore plus si un chef inapte en français est élu. Les conservateurs ont déjà perdu deux sièges au Québec lors des dernières élections. 

Avec le désistement de Jean Charest, les chances qu’un candidat véritablement bilingue soit de la course s’affaiblissent, dit M. Kenney.  

« Franchement, je suis déçu de la situation. Il y a plusieurs députés du caucus conservateur au Québec qui feraient de bons candidats. Il faut qu’on ait des candidats à la chefferie avec une meilleure capacité que ça dans la course ! » s’exclame celui qui était de passage à Montréal mardi pour tenter de redorer l’image de sa province.