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Le comité de la sécurité publique étudiera le dossier du meurtre de Marylène Lévesque

Marylène Lévesque
Photo tirée de Facebook Marylène Lévesque

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Les élus fédéraux se pencheront sur les circonstances ayant mené à la semi-liberté d’Eustachio Gallese, accusé du meurtre de Marylène Lévesque à Québec. Le gouvernement Trudeau a choisi d’appuyer une proposition des conservateurs sur la question.

• À lire aussi: Affaire Gallese: tout un système «malade»  

Déposée en matinée mardi, la motion de l’opposition demandait la tenue d’audiences du comité permanent de la sécurité publique. Après l’annonce de l’appui du Bloc Québécois et du NPD, les libéraux ont emboité le pas malgré le refus de certains amendements par les conservateurs. 

«Le gouvernement soutient un examen complet de cette affaire et nous allons soutenir la motion pour cette raison», a indiqué le ministre de la Sécurité publique Bill Blair lorsque questionné par le député conservateur Pierre Paul-Hus, qui était derrière la motion.

Pierre Paul-Hus
PHOTO AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS
Pierre Paul-Hus
  • Pierre Paul-Hus était de passage à l'émission Le Retour de Mario Dumont, à QUB Radio. Écoutez son intervention:   

Le gouvernement a aussi indiqué que l’enquête interne annoncée à la Commission des libérations conditionnelles et à Services correctionnels Canada était maintenue. Les conclusions de ces travaux doivent également être dévoilées au terme de l’enquête. 

«Les conclusions seront rendues publiques et seront transparentes», a assuré le ministre Blair. 

Obtenir des réponses

Pierre Paul-Hus demandait au Parlement de faire la lumière sur ce qui s’est passé dans les mois précédant le meurtre de Marylène Lévesque de 22 ans. Le suspect, Eustachio Gallese se trouvait alors en semi-liberté et une stratégie lui permettant de rencontrer des femmes pour assouvir ses besoins sexuels avait été établie.

«On veut que ce soit un comité parlementaire pour faire des audiences publiques, faire venir des témoins et creuser ce qui s’est passé», insiste M. Paul-Hus, qui souhaite investiguer deux aspects du dossier.

«Il y a deux volets. La recommandation dans le rapport et ce qui s’est passé par la suite, mais aussi la nomination des commissaires», précise le député qui a demandé la semaine dernière la tête des deux commissaires ayant rendu la décision de maintenir la semi-liberté d’Eustachio Gallese en septembre 2019.

Sur ce dernier aspect, le secrétaire parlementaire à la Sécurité publique du gouvernement, Joël Lightbound, a tenu à apporter un bémol. Selon lui, la compétence des commissaires ne fait aucun doute et les accusations de nominations partisanes des conservateurs n’ont tout simplement pas lieu d’être.

«Quand on est arrivé en 2015, 6 des 9 commissaires à temps plein au Québec étaient très proches du parti conservateur, soit des anciens candidats ou donateurs. On a voulu mettre fin aux nominations partisanes», lance M. Lightbound, précisant que sur les 18 commissaires actuels, un seul était un ancien donateur du parti libéral.

Unanimité

C’est donc un front commun des quatres partis qui désire faire la lumière sur le meurtre de la jeune femme, survenu le 22 janvier à l’Hôtel Sépia.

Le député du Bloc Québécois Rhéal Fortin espère y trouver les réponses tant attendues à la suite du drame qui a secoué tout le Québec.

«C’est manifeste qu’il y a quelque chose qui est passé sous le nez de la machine et on a un certain pouvoir là-dessus. On peut modifier la façon de fonctionner de la machine si on croit que quelque chose ne va pas et là on en a eu la preuve», a-t-il confié au Journal, rappelant la responsabilité des élus d’offrir des réponses aux citoyens. 

«C’est inacceptable, ça ne doit plus se reproduire.»

Propos déplacés

Marylène Lévesque
Photo CAPTURE D'ÉCRAN, TVA NOUVELLES

Lors des débats entourant la motion en matinée mardi, le député conservateur Arnold Viersen a maladroitement tenu des propos déplacés à l’égard d’une collègue néo-démocrate.

Réagissant à la déclaration de la députée Laurel Collins qui lui demandait d’écouter les voix de femmes qui disent que «le travail du sexe est un travail», M. Viersen a questionné la néo-démocrate de façon peu délicate.

«Je répondrais en demandant à la députée d’en face si c’est un domaine d’emploi dans lequel elle a songé se lancer», a rétorqué le député de l’Alberta, ce qui a rapidement déclenché des réactions.

«Honte à vous», ont d’ailleurs rétorqué des collègues de Mme Collins.

Arnold Viersen a bien tenté de se rattraper en ajoutant qu’il voulait plutôt dire «qu’aucune femme au pays ne fait le choix d’occuper cet emploi», mais le mal était fait.

Il s’est tourné vers Twitter plus tard en journée pour réitérer ses excuses à Laurel Collins. Cette dernière a répondu en invitant l’élu à étendre ses excuses à l’ensemble des femmes. 

«Dénigrer les travailleuses du sexe et criminaliser ce qui les protégerait contribue à augmenter la violence», a-t-elle publié.

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