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Affaire Rozon: un ex-employé de Juste pour rire réclame 732 000$

palais2019/11/06
Photo d'archives, Chantal Poirier

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Un archiviste de Juste pour rire congédié après que Gilbert Rozon eut vendu le groupe, dans la foulée du mouvement #MoiAussi, vient d’intenter une poursuite de 732 000$ contre l’entreprise et l’ex-magnat de l’humour.  

«Le congédiement illicite et fautif [...] a eu un effet traumatisant», affirme André Gloutnay dans la poursuite civile rendue publique ce mercredi au palais de justice de Montréal.     

M. Gloutnay est un archiviste qui était à l’emploi de Juste pour rire depuis 1993. L'homme ayant été placé directement sous les ordres de Rozon, son travail lui avait valu le surnom de «fantôme de l’humour».     

«Bien qu’il ne soit pas vu publiquement, son implication était essentielle, faisant partie des piliers de l’entreprise», peut-on lire dans le document de cour, citant une biographie de Juste pour rire.     

En fait, affirme M. Gloutnay, son travail était tellement apprécié qu’en 2004, il a signé avec Rozon un engagement pour qu'il soit employé à vie pour le Groupe Juste pour rire.     

#MoiAussi  

Pendant des années, l’archiviste a donc continué son travail en gérant les volumineuses archives du groupe spécialisé en humour.     

Mais tout a changé en 2017, quand des allégations d’inconduites sexuelles sont tombées sur la tête de Rozon, dans la foulée du mouvement #MoiAussi.     

«Cette situation a amené Rozon à prendre du recul quant à son implication dans Juste pour rire, pour se voir finalement contraint de vendre», est-il expliqué dans le document de cour.     

La vente a finalement été réalisée à l’été 2018, ce qui a mené au congédiement des sœurs de Rozon, qui étaient impliquées dans le groupe.     

Congédiement  

M. Gloutnay a pu continuer son travail, mais il dit avoir été rencontré, en février 2019, par la nouvelle direction pour apprendre qu’il «ne cadrait plus dans l’organisation actuelle» et qu’il était ainsi congédié.     

Selon le document de cour, M. Gloutnay s’est fait offrir l’équivalent d’une année de salaire ainsi que des indemnités de vacances et les services d’une firme de placement et transition de carrière, entre autres.     

Sauf que cette offre n’était pas satisfaisante pour l’archiviste, qui voulait garder son emploi. Il dit avoir montré l’entente avec Rozon, mais sans succès.     

«Juste pour rire a nié toute responsabilité quant à l’engagement découlant de cette convention», peut-on lire dans la poursuite civile.     

Il réclame donc au tribunal d’ordonner sa réintégration dans le Groupe Juste pour rire, ainsi que 50 000$ en dommages moraux. Mais si Juste pour rire refuse, il réclame alors 732 000$ de dédommagements pour les pertes de salaire jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de la retraite.     

À moins d’un règlement à l’amiable, l’affaire sera présentée devant un juge dans les prochaines semaines.