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Une 5e enquête du BEI en moins de 4 ans en Beauce

Ce n’est pas la 1re fois qu’une personne en crise se fait abattre par un policier

dimanche soir Brandon Christian
Photos Jean-François Racine Brandon Christian a perdu la vie dimanche à Saint-Georges-de-Beauce.

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Avec le décès de Brandon Christian dimanche soir à Saint-Georges, le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) mène sa cinquième investigation en moins de quatre ans en Beauce en lien avec le décès d’une personne par une arme à feu lors d’une intervention de la Sûreté du Québec. Jusqu’à présent, aucun policier n’a été accusé.  

La triste fin de l’ex-hockeyeur de 47 ans rappelle la mort de Guillaume Bolduc, 25 ans, tué le 10 août 2017 par les balles d’un policier à Saint-Georges.  

Brandon Christian
Photo courtoisie
Brandon Christian

À l’époque, des témoins ont affirmé que Bolduc semblait désorienté. Le jeune homme s’était finalement assis au milieu de la route.  

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales n’a pas déposé d’accusation notamment parce que «Bolduc représentait un danger imminent pour la vie du policier, qu’il était armé de deux couteaux et qu’il n’obtempérait pas aux ordres.» Sa famille n’a pas voulu commenter mardi.  

Dimanche soir, Brandon Christian a été atteint mortellement par des coups de feu tirés par les policiers. Ses proches disent qu’il était en crise et qu’il avait besoin de soins.  

Dernier recours  

La même question se pose. L’intervention aurait-elle pu se terminer autrement? «Il n’y a pas un policier qui se lève un matin en se disant que ça serait le fun de tirer sur quelqu’un. S’il faut tirer, c’est vraiment le dernier recours», affirme François Doré, policier à la retraite de la Sûreté du Québec.  

Devant la menace, un policier tire pour neutraliser le danger. «Dans l’action, tu vises le centre de masse, et c’est le thorax. C’est ce que les policiers sont entraînés à viser», ajoute M. Doré.  

Dans une vidéo diffusée hier, l’un des proches de Brandon Christian répète qu’il ne méritait pas une mort aussi violente. «Est-ce que les policiers avaient un plan de match ? Ils étaient clairement avertis qu’il était en psychose. Sa place était dans un lit d’hôpital, pas dans un cercueil», a lancé un membre de sa famille en colère.  

Pas une première  

Par ailleurs, existe-t-il une problématique locale entourant les ressources disponibles en santé mentale? «C’est triste. On ne souhaite pas ça à personne. Les policiers font leur travail et les gens connaissent les organismes disponibles», a ajouté le maire de Saint-Georges, Claude Morin.  

« Notre service existe, mais si les gens ne viennent pas chercher de l’aide, on ne peut pas deviner qui en a besoin », signale Annie Bellavance, de l’organisme Le Rappel, un groupe d’entraide pour les personnes atteintes de maladies mentales.  

«Ça nous préoccupe. Est-ce qu’il y a assez de services pour les gens en crise?», s’interroge François Winter, directeur général de l’A-Droit de Chaudière-Appalaches.  

En 2017, lors du décès de Guillaume Bolduc, l’organisme avait publié cette réaction: «Malheureusement, ce n’est pas la première fois au Québec et dans notre région qu’une personne en crise se fait abattre par un policier.»  

Depuis 2016  

Le 15 novembre 2016  

dimanche soir Brandon Christian
Photo courtoisie

Dave Cloutier s’enlève la vie dans une cellule du poste de police de la SQ à Saint-Joseph-de-Beauce.  

Le 15 mai 2017  

dimanche soir Brandon Christian
Photo courtoisie

À Beauceville, Emmanuel Therrien dégaine ce que les policiers ont perçu comme une arme à feu. L’enquête a démontré qu’il s’agissait d’une fausse arme.  

 Le 10 août 2017  

Guillaume Bolduc est abattu par un policier à Saint-Georges. L’homme en crise tenait un couteau et fonçait sur le policier.  

 Le 15 août 2019  

Marin Chevrel est décédé lors d’une intervention de la SQ à Sainte-Marie.