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Bombardier : des emplois très payants sont en jeu

L’expertise québécoise continue d’être prisée

Danny Higgins
Photo Francis Halin Danny Higgins est agent principal de brevets au siège social nord-américain de Bombardier Transport, à Saint-Bruno-de-Montarville, sur la Rive-Sud de Montréal.

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Les 10 000 travailleurs d’usine de Bombardier de Montréal font partie du secteur manufacturier aérospatial, qui est plus payant que les autres, avec des salaires 12 % plus élevés qu’ailleurs.  

«Un employé de production en aérospatiale gagne en moyenne 12 % de plus que dans un autre secteur, soit entre 55 000 $ et 62 000 $ par année», a souligné Nathalie Paré, directrice générale du Comité sectoriel de main-d’œuvre en aérospatiale du Québec (CAMAQ).   

«Ce sont parmi les techniques les plus payantes au Québec», a renchéri le directeur de l’École nationale d’aérotechnique (ÉNA), Pascal Désilets. Conception (C Series), simulation de vol (CAE), trains d’atterrissage (Héroux Devtek)... l’expertise québécoise est plus prisée que jamais, ajoute M. Désilets.  

«Une tragédie»  

Hier, le spectre de la vente de la division d’avions d’affaires de Bombardier, qui emploie plus de 10 000 personnes dans la région de Montréal, a semé l’inquiétude.  

Quand Le Journal a voulu approcher les travailleurs à l’Usine Challenger de Dorval, deux gardiens de sécurité nous ont vite demandé de partir. À côté, ceux du Centre de finition Global n’étaient guère plus bavards.  

Au Comité sectoriel de main-d’œuvre en aérospatiale du Québec (CAMAQ), hier, on absorbait le choc, en rappelant que nos entreprises s’arrachent notre main-d’œuvre.  

«Ça sera une tragédie si c’est vendu, mais nous, ce que l’on veut, c’est garder les emplois au Québec. C’est une main-d’œuvre de qualité reconnue internationalement», a insisté sa DG, Nathalie Paré.  

Au Québec, plus de 34 000 postes seront à pourvoir ces dix prochaines années, selon des données du CAMAQ, signe de la vitalité grandissante du secteur, selon Mme Paré.   

Pour sa part, le directeur de l’École nationale d’aérotechnique (ÉNA), Pascal Désilets, a reconnu que la vente de Bombardier à l’américaine Textron serait « difficile pour la fierté », mais que la marque du fleuron survivrait probablement.  

EMPLOIS SYNDIQUÉS CHEZ BOMBARDIER  

Mécanicien  

Entre 28,42 $/h et 47,11 $/h  

Électronicien  

Entre 17,48 $/h et 43,56 $/h  

Technicien  

Entre 17,37 $/h et 43,27 $/h  

Soudeur  

Entre 17,06 $/h et 42,30 $/h  

Opérateur  

Entre 16,75 $/h et 37,63 $/h  

Source : Convention collective entre Bombardier et l’AIMTA – Du 1er décembre 2018 au 3 décembre 2021))