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Legault veut pénaliser les médecins récalcitrants

Le gouvernement promet une meilleure prise en charge des patients

Periode des questions
Photo Simon Clark Le premier ministre François Legault a assuré jeudi que la réforme de la rémunération des médecins de famille n’entraînerait pas une hausse des coûts pour les contribuables.

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La réforme du mode de rémunération des médecins de famille inclura des pénalités si les patients ne sont pas pris en charge les soirs et les week-ends, assure le premier ministre François Legault. 

• À lire aussi: Rémunération des médecins: le plan du Québec a échoué en Ontario  

« Ce qu’on veut, c’est modifier le mode de rémunération, mais [également] s’assurer que les patients seront pris en charge et qu’il y aura des pénalités s’ils ne sont pas pris en charge sept jours sur sept », a déclaré M. Legault, jeudir, en réaction à un reportage de notre Bureau parlementaire. 

Le Journal rapportait que le nouveau modèle de paiement axé sur la prise en charge des patients, proposé par le gouvernement Legault, a mené à une hausse des coûts en Ontario, sans améliorer l’accès à la première ligne, selon un rapport de la vérificatrice générale de la province paru en 2016.  

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Photo Simon Clark

Indicateurs de performance

Tout en reconnaissant que « ça a coûté beaucoup plus cher en Ontario », la ministre de la Santé promet d’éviter de répéter les erreurs de la province voisine. « On a un modèle québécois qui apprend, évidemment, des écueils qu’il y a eu dans d’autres provinces », assure Danielle McCann. 

Le premier ministre Legault rejette toutefois les comparaisons entre le plan de son gouvernement et l’expérience ontarienne. 

« Ce que la vérificatrice générale de l’Ontario a dit, c’est qu’il n’y a pas eu de suivi en Ontario et que beaucoup de médecins de famille reçoivent la “capitation”, mais ne prennent pas en charge [des patients] le soir et la fin de semaine, avec leurs collègues. Donc, ce n’est pas du tout ce qu’on propose, nous autres, ici », poursuit-il.

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Une source gouvernementale confirme que les négociations en cours avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec incluront des sanctions si les cibles de suivi des patients ne sont pas atteintes. 

« À partir du moment où il y a des indicateurs de performance, si tu ne les atteins pas, l’objectif, c’est qu’il y ait des pénalités au bout », confie-t-on. Il semble toutefois exclu que le gouvernement Legault utilise la loi 20 de l’ex-ministre Gaétan Barrette, jamais appliquée. 

Celui-ci a d’ailleurs fait une prédiction à l’émission Là-haut sur la colline, à QUB radio, mercredi. Les omnipraticiens vont accepter la réforme, mais « ils vont demander de l’argent en retour ». 

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Photo Simon Clark

Plus cher ? 

Un flou persiste également à savoir si le nouveau mode de rémunération coûtera finalement plus cher que le paiement à l’acte, comme ce fut le cas en Ontario. « Est-ce qu’il va falloir mettre un budget additionnel ? Je ne le sais pas. À ce moment-ci, je ne peux pas vous le dire », a déclaré la ministre McCann jeudi matin. 

Quelques minutes plus tard, le premier ministre tenait pourtant un discours différent. « Ce qui est prévu, c’est que ça se fasse à coût nul », a-t-il assuré. 

Le leader caquiste a d’ailleurs laissé entendre que le dossier pourrait être réglé avant le dépôt du prochain budget du Québec, le 10 mars prochain . « Vous allez le voir dans le budget, il n’y a aucune somme de prévue », dit-il. 

Changer la rémunération des omnipraticiens 

  • Le gouvernement Legault veut introduire une grande part de « capitation » dans le mode de paiement des médecins de famille. 
  • Dans ce modèle, un groupe de médecins est rémunéré en fonction du nombre de patients inscrits auxquels il assure la prestation d’un éventail de
    services prédéterminés.
  • Des négociations à ce sujet sont actuellement en cours avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. 
  • En novembre dernier, le premier ministre François Legault a brandi la menace d’une loi spéciale dès le début de l’année, si aucune entente n’est conclue.