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Un peu d’honnêteté

POL-TRUDEAU-LOI-21
Capture d'écran, TVA Nouvelles Le premier ministre Justin Trudeau a essuyé un tir groupé, hier, sur le port de signes religieux.

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C’était écrit dans le ciel que le fédéral contesterait d’une façon ou d’une autre la loi québécoise sur la laïcité de l’État.

C’est maintenant chose faite, par la bande.

La nouvelle est sortie hier matin dans le quotidien The Gazette : la Commission scolaire English-Montreal aurait obtenu 125 000 $ pour financer sa bataille judiciaire dans le but d’invalider la loi 21.

Cet argent lui a été promis par le truchement d’un fonds dédié à la défense des droits des minorités, financé par Ottawa. J’y reviendrai.

Faux-fuyants

Justin Trudeau aurait pu jouer franc-jeu avec les Québécois dès le début sur cette question aussi délicate qu’explosive politiquement.

Il a préféré tourner sans fin autour du pot.

Récapitulons.

Pendant des mois, Justin Trudeau s’est contenté de dire son désaccord par rapport à la loi 21. Il refusait catégoriquement de spéculer quant à une éventuelle contestation judiciaire appuyée par Ottawa.

Il a fini par admettre devant des journalistes tenaces au premier jour de la campagne électorale qu’il n’en était pas question, « pour l’instant ».

La table était mise pour la spectaculaire renaissance du Bloc québécois.

La position libérale est demeurée floue. On l’aurait crue rédigée par un avocat.

Le premier ministre a continué de louvoyer, se cachant derrière son « pour l’instant ».

Un programme utile

Il est vrai que, « pour l’instant », Ottawa n’a pas chargé ses avocats d’attaquer en cour la Loi sur la laïcité de l’État. Ça viendra probablement.

C’est plutôt un programme indépendant du gouvernement fédéral, mais financé par ce dernier, qui servira à attaquer la loi 21.

Le ministre Simon Jolin-Barrette a raison de dire que les libéraux fédéraux contestent « indirectement » la loi 21.

Justin Trudeau peut difficilement se cacher derrière l’indépendance de ce fonds. Il se doutait fort bien qu’il servirait aux contestataires de la loi québécoise.

Le Programme de contestation judiciaire, doté d’un budget d’environ 5 millions $, a récemment été rétabli par les libéraux de Justin Trudeau après avoir été coupé par les conservateurs en 2006.

Ce fonds a par le passé rendu de fiers services aux communautés francophones hors Québec.

C’est souvent David contre Goliath lorsque les francos du Rest of Canada souhaitent défendre leurs droits. Au plus fort la poche, comme on dit.

 Ce n’est donc pas le programme, le problème. C’est plutôt le manque de transparence du premier ministre en matière de laïcité.