/entertainment/movies
Navigation

«Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn»: joyeux et acidulé

«Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn»: joyeux et acidulé
WENN.com

Coup d'oeil sur cet article

Après l’affligeant «Commando suicide», on attendait le dérivé avec suspicion. Or, il faut bien avouer que «Birds of Prey», dont Margot Robbie est la productrice, est une fort sympathique proposition. 

Mise dehors par le Joker (invisible, l’ombre de Jared Leto ne plane même pas en filigrane), Harley Quinn (Margot Robbie, impeccable) sombre dans la dépression. Mais il ne s’agit pas de la déprime habituelle, la belle en profitant notamment pour faire sauter l’usine de produits chimiques, témoin de leurs amours. 

L’Arlequine a la larme cristalline et le malheur théâtral, joyeux, acidulé, pétillant. Armée d’un fusil à pompe à paillettes et à poudres colorées, elle transforme un commissariat en haut lieu de Holi, cette fête des couleurs en Inde. Elle fait le coup de poing efficacement et se moque de tout et de tous, à commencer par Roman Sionis (Ewan McGregor), alias Black Mask, patron de boîte de nuit qui n’aime rien tant que de faire découper le visage de ses victimes par Victor Zsasz (Chris Messina, étonnant), son homme de main psychopathe. 

On s’en doute, cette attitude nonchalante et quasi enfantine lui vaut des ennuis, d’autant qu’elle doit récupérer un diamant, avalé par Cassandra Cain (Ella Jay Basco), une fillette dont la tête est mise à prix. En cours de route, elle va s’allier à Black Canary (Jurnee Smollett-Bell, dont le remix de «It's a Man's Man's Man's World» vaut son pesant d’or), à Huntress (Mary Elizabeth Winstead, parfaite) et à la policière Renee Montoya (Rosie Perez). 

Anarchiste à la manière des jeunes filles de «Assassination Nation», libre, féministe et décomplexée parce que s’assumant totalement sans jamais s’excuser d’être qui elle est, Harley Quinn est la version adulte de Mindy Macready alias Hit-Girl, incarnée par Chloe Moretz dans «Kick-Ass». D’une folie joyeuse, colorée et ne se posant jamais en victime, cette nouvelle héroïne de l’univers DC est l’inverse totale de son ancien compagnon, le Joker. 

Véritable bouffée d’air frais, «Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn» ne se prend jamais au sérieux et n’a aucune prétention, s’éloignant ainsi du pourtant excellent «Deadpool» avec lequel on ne peut le comparer. 

Multigénérationnel et unisexe, ce long métrage de 109 minutes réalisé par Cathy Yan est d’abord et avant tout une comédie absurde pour adultes – notons la hyène comme animal de compagnie – regorgeant de scènes d’action mémorables et baignant dans un univers visuel circassien, mis en valeur par le directeur photo Matthew Libatique, collaborateur de Darren Aronofsky. On en ressort énergisé, heureux, de cette joie enfantine et communicative, et surtout fort impatient de revoir ce film qui fait oublier l’hiver. 

Note: 4 sur 5