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La conscience élastique

La conscience élastique
Montage Mathieu Blanchet

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Si certains ont crû que la CAQ ferait de la politique différemment, ils seront déçus bien qu’ils auraient pu l’anticiper dès son accession au pouvoir. Je l’ai dit et écrit, François Legault ne voulait pas être premier ministre, mais bel et bien président et directeur général du Québec et il se comporte comme tel avec sa CAQ qui s’assimile plus à un conseil d’administration du Québec qu’à une formation politique portant des idéaux.

Si le premier ministre a donné son aval à un bâillon pour le projet de loi sur la gouvernance scolaire, c’est parce qu’il savait qu’il perdrait en prolongation. Sa comparaison avec Dave Morissette vise peut-être à lui assurer par procuration de la sympathie comme en jouit l’ancien joueur de hockey. Il est effectivement le plus gentilhomme du Québec, mais monsieur Legault devrait considérer que la carrière de Dave Morissette dans la ligue nationale s’est limitée à onze matchs, à moins que le premeir ministre soit en train de nous dire qu’il ne durera pas plus longtemps et qu’il souhaite que nous nous rappelions de lui comme goon!

La colère gronde dans plusieurs comités de parents à la veille de leur conseil général. Le ministre Roberge se vantait d’avoir l’appui des parents, mais il semble que la Fédération des comités de parents du Québec fasse face à une fronde d’une trentaine de comités de parents qui englobe le tiers des enfants du Québec. Le vent aurait été en voie de tourner dans leur instance générale de demain, ce qui aurait laissé le ministre bien seul dans la poursuite de son entreprise. Il jouirait de l’appui des fédérations de directeurs d’école, mais là aussi, l’enthousiasme n’est pas aussi grand chez leurs membres. 

Le premier ministre se vante d’être à l’écoute des citoyens et c’est vrai dans la mesure où ceux-ci pensent comme lui. Dans le cas du projet de loi 40, il n’est qu’à l’écoute de lui-même et d’une poignée bénis oui oui qui flirtent avec le simplisme du populisme sans nécessairement maitriser la complexité des systèmes éducatifs.

Marwah Rizqy avait raison de dire que la panique s’est emparée du premier ministre qui ne voulait pas voir son poulain Roberge rentrer dans sa stalle de reculons comme son autre poulain Jolin-Barrette. Le gouvernement caquiste reflète la mauvaise foi dans ce dossier, lui qui accuse l’opposition de faire obstruction, après qu’il ait déposé 80 amendements à sa propre loi mardi et décidé du bâillon dans la soirée en caucus. Aujourd’hui, il dépose un autre amendement pour être sûr de museler les commissaires et les empêcher de lutter contre les affres qu’il s’apprête à faire subir à notre système d’éducation

Les enjeux soulevés par ce projet de loi relèvent plus de guerres de pouvoir entre institutions et s’avèreront sans effet sur la réussite des enfants. Pire, la loi sera dommageable parce qu’elle accentue la mainmise du ministère de l’Éducation sur l’organisation scolaire et que ce sont les réformes de ce ministère qui ont doublé le nombre d’élèves en difficulté, et ce, en moins de vingt ans.