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«L'Étoile de la mort»: un milliard en désinformation pour faire réélire Donald Trump

«L'Étoile de la mort»: un milliard en désinformation pour faire réélire Donald Trump
Georgejmclittle

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Une fois de plus, en 2020, une exploitation maximale des réseaux sociaux est au cœur de la campagne de réélection. L’équipe de Trump planifie des dépenses d’un milliard de dollars pour faire circuler sa propagande.  

Le journaliste McKay Coppins s’est intéressé à la puissance de la stratégie de l’équipe de Trump après avoir tenté une expérience. Après avoir ouvert un faux compte Facebook, il est allé cliquer «j’aime» sur des sites associés au président ou à sa campagne.   

Dans un temps record, il a été enseveli sous un amas de publicités toutes plus mensongères les unes que les autres. Si tous les candidats tentent de conquérir la toile et les réseaux sociaux, Donald Trump se distingue par la quantité de désinformation qu’il fait circuler. Oui, dans le ton de son dernier discours sur l’état de l’Union.  

Ébranlé par le phénomène, Coppins a décidé d’observer d’un peu plus près le fonctionnement de la campagne Trump, dont les bureaux sont situés en Virginie, tout près de Washington. Ce QG, qu’on surnomme «l’Étoile de la mort» en référence à Star Wars, impressionne par la qualité de ses installations. Contrairement à la campagne 2016, tout dans l’entourage de l’équipe respire le professionnalisme et la planification.  

Les experts ont inventé une expression pour illustrer les moyens déployés pour procéder à cette invasion des réseaux sociaux: la censure par le bruit. Certains pays dirigés par des meneurs autoritaires ont ainsi choisi de ne pas censurer directement la population, préférant l’ensevelir sous des tonnes de messages qui déforment les faits et soutiennent les politiques des dirigeants. Rien de bien rassurant et de particulièrement transparent.  

Dans la journée d’hier, je publiais un billet dans lequel j’insistais sur le fait qu’il y aurait actuellement très peu d’indécis pour l’élection du 3 novembre. La stratégie républicaine devient donc encore plus importante puisqu’elle favorise le phénomène des écochambres. On ne martèle qu’un seul message. Le fonctionnement des algorithmes de Facebook favorise le développement de ce type de pratique.  

On ne se contente pas de faire circuler de la fausse information. L’évolution de la stratégie s’est raffinée au point où on joue sur les formules utilisées dans les messages pour obtenir un effet maximal sur l’utilisateur. On veut radicaliser l’électeur potentiel pour mieux le contrôler. Coppins explique que la Corée du Nord et l’Iran se comportent de cette manière pour limiter les critiques envers le ou les dirigeants et favoriser l’adhésion ou la soumission au régime.  

La campagne 2020 se présente comme un véritable combat de ruelle où tous les coups sont permis. Parmi les armes les plus redoutables, on retrouve les réseaux sociaux. Si vous croyez que Donald Trump les a bien utilisés en 2016, sa machine de l’époque n’est en rien comparable à celle de cette année. Elle est plus riche, plus expérimentée et ses moyens pour faire circuler les tristement célèbres fake news ont atteint un degré d’efficacité inégalé.  

Vous vous dites peut-être que les attaques dures et vicieuses accompagnent le processus démocratique depuis longtemps, mais jamais les politiciens n’ont bénéficié d’autant de moyens pour des coups. Ils peuvent bien être virtuels, la douleur est parfois bien réelle au moment de l’annonce des résultats.  

Pour plus d’informations sur les conclusions de McKay Coppins, je vous invite à cliquer ici .