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Meurtre de Marylène Levesque: l’horreur fait écho jusqu’en Allemagne

Équipe en reportage sur la mort de Marylène Levesque

« C’est comme si les besoins d’Eustachio Gallese avaient passé avant la sécurité de ces femmes, c’est horrible », affirme la journaliste allemande Daniela Hoffmann, de passage à Québec pour un reportage sur le meurtre de Marylène Levesque.
Photo Jean-François Desgagnés « C’est comme si les besoins d’Eustachio Gallese avaient passé avant la sécurité de ces femmes, c’est horrible », affirme la journaliste allemande Daniela Hoffmann, de passage à Québec pour un reportage sur le meurtre de Marylène Levesque.

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L’horreur entourant la mort de Marylène Lévesque a traversé les frontières, si bien qu'une équipe de télévision allemande est à Québec pour tenter de comprendre ce qui a pu mener au meurtre de la jeune femme et pour mettre en lumière les réalités opposées des travailleuses du sexe canadiennes et allemandes. 

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Légale depuis 2002 en Allemagne, la prostitution y est bien différente de ce qu’elle est au Canada. C’est d’ailleurs ce qui a choqué Daniella Hoffmann, qui décrit les conditions des travailleuses du sexe canadiennes comme étant «inquiétantes». 

La journaliste d’enquête basée à New York pour la chaîne allemande RTL ne comprend pas comment le système a pu jeter Marylène Levesque dans les griffes d’Eustachio Gallese. L’homme de 51 ans était en semi-liberté après avoir tué sa conjointe en 2004.  

«J’ai parlé à des travailleuses du sexe ici qui se sentent marginalisée à cause des lois contre la prostitution. Ce n’est pas normal qu’une travailleuse du sexe ait peur d’appeler la police quand elle se sent en danger. Nous ne comprenons pas ça de chez nous», explique la journaliste qui croit que le meurtre de Marylène aurait pu être évité. 

En sécurité 

La reporter allemande explique que la légalisation de la prostitution a mené à une certaine émancipation chez ces femmes qui se cachent moins qu’auparavant. Il reste évidemment du travail à faire, mais la légalisation permet aux femmes allemandes de travailler dans des conditions plus sécuritaires estime Mme Hauffman.  

Selon cette dernière, si ce qu’elle faisait était légal, peut-être que Marylène Levesque aurait demandé de l’aide quand la situation est devenue tendue avec Gallese au restaurant de l’Hôtel Sépia dans les instants précédant sa mort. 

«Les travailleuses du sexe allemandes sont en quelque sorte protégées par le système. Elles ne sont pas perçues comme des citoyens de deuxième ordre. Ici, c’est différent», se désole la journaliste, précisant qu’une sorte de syndicat a aussi été mis sur pied pour encadrer les travailleuses allemandes. 

Pas morte en vain 

De passage pour quelques jours à Québec avec un caméraman, Daniela Hoffmann a rencontré des travailleuses du sexe et des amis de Marylene Levesque pour tenter de comprendre le drame qui s’est joué le 22 janvier. 

Elle repart en assurant qu’elle suivra le dossier, espérant que le gouvernement canadien s’inspire de ce qui se fait en Europe pour mieux protéger ces femmes qui ne méritent pas un tel sort. 

«C’est inconcevable pour moi qu’un homme avec un tel historique de violence envers les femmes puisse être dans la rue et satisfaire ses besoins sexuels avec des travailleuses du sexe. C’est comme si ses besoins avaient passé avant la sécurité de ces femmes, c’est horrible. Ce sont des êtres humains pourtant», affirme la journaliste.