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Oui, Trudeau a insulté le Québec

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Ainsi, la commission scolaire English-Montreal (CSEM) a renoncé à l’aide de 125 000 $ que lui avait accordée le programme de contestation judiciaire du Canada pour soutenir son combat contre l’infâme loi 21.

Si on peut se réjouir de ce moment de lucidité, il n’en demeure pas moins que l’attitude de Justin Trudeau avait de quoi soulever l’ire de bien des gens, à commencer par François Legault.

En furie, François Legault avait martelé hier que Justin Trudeau insultait les Québécois.

Pourtant, le PM canadien avait maintenu qu’il était impossible d’attribuer au pouvoir politique une décision prise par un organisme fédéral indépendant.

Dans les faits, Justin Trudeau insulte effectivement depuis longtemps les Québécois sur le fond de la question, en dénigrant la volonté clairement exprimée d’assurer la laïcité de l’État.

Mais il insulte également sur la forme, en tentant maintenant de nous faire croire qu’il ne pouvait rien faire dans le cas de la subvention à la CSEM.

SNC-Lavalin

Jadis, Justin Trudeau ne s’est pas gêné pour violer l’indépendance du système de Justice dans l’affaire SNC-Lavalin. Il a pulvérisé sans impunité la muraille de Chine érigée entre le judiciaire et le politique au nom des « bons jobs ».

Et qu’en est-il du fait de respecter la volonté d’un gouvernement démocratiquement élu qui a légiféré pour refléter l’essence d’un large consensus social ? Niet.

Dans les faits, il aurait été facile pour le gouvernement fédéral d’éviter de provoquer François Legault et les Québécois qu’il représente.

Ne serait-ce que parce que la CSEM est présentement sous tutelle. Qu’il s’agissait d’un organisme autonome pleinement capable de se défendre. Ou qu’un organisme provincial n’est pas censé recevoir de l’argent directement du gouvernement fédéral.

C’était trop facile pour Justin Trudeau de rester les bras croisés. Cette fois-ci, la CSEM lui sauve le derrière en reculant. Jusqu’à la prochaine fois où les masques tomberont à nouveau.