/entertainment/stage
Navigation

«Zoé»: ode à la philosophie

«Zoé»: ode à la philosophie
PHOTO COURTOISIE/Gunther Gamper

Coup d'oeil sur cet article

C’est un bel hommage à la philosophie et au pouvoir de la discussion que rend la pièce Zoé, la nouvelle création d’Olivier Choinière présentée au Théâtre Denise-Pelletier.  

Dans ce spectacle pour lequel l’auteur assure aussi la mise en scène, un professeur de philosophie de cégep est forcé de donner ses cours à une seule étudiante, qui a obtenu une injonction d’un tribunal pour y assister malgré une grève générale étudiante. Le contexte est, bien sûr, inspiré du Printemps érable, mais ce face à face entre l’enseignant, joué par Marc Béland, et Zoé, interprétée par Zoé Tremblay-Bianco, ratisse beaucoup plus large.  

On y aborde des thèmes épineux qu’on pourrait facilement accoler à d’autres pans de l’actualité. Nos choix sont-ils vraiment les nôtres ou sont-ils conditionnés par notre environnement? Que faire de notre liberté individuelle si elle influence négativement celle des autres? Faut-il prioriser nos besoins ou nos idéaux? Pas besoin d’aller bien loin pour comprendre que ces questions sont pertinentes dans des débats comme ceux sur la liberté religieuse ou l’écologie.  

Tensions  

Ces conversations, entre une étudiante déterminée et à l’esprit aiguisé, et ce prof qui cherche à la déstabiliser, donnent lieu à des échanges parfois tendus, parfois drôles. Un beau mélange qui les rend faciles à suivre.  

La répétition de certaines scènes sous un autre angle et une énergie différente, mais avec les mêmes échanges, s’avère judicieuse. Ce procédé permet d’exposer un des points fondamentaux qu’Olivier Choinière tente de mettre en lumière: la perspective dans laquelle on se trouve influence fortement le jugement d’une idée ou d’une situation.  

L’auteur offre ainsi une pièce intelligente, pédagogique et léchée, même si les thèmes abordés ont, bien sûr, été retournés mille et une fois dans le passé. Le magnifique décor et les éléments sonores viennent ajouter de la tension et de l’originalité à l’ensemble.  

Mais pour qu’une telle proposition fonctionne, il faut que les comédiens soient à la hauteur, ce qui est le cas. Marc Béland sait à la fois être incisif, hésitant et léger, tandis que Zoé Tremblay-Bianco se livre avec aplomb.  

Bien que certaines scènes soient quelque peu stéréotypées et que la trame s’appuie avant tout sur un débat d’idées, cette production fait œuvre utile en cette ère où le dialogue dans la sphère publique semble être supplanté par le désir d’avoir raison.  

Zoé est présentée au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 29 février.