/finance/news
Navigation

Le recrutement difficile des employés saisonniers

Chaque année, une entreprise horticole met en place un éventail de solutions pour combler les postes

Les Serres Frank Zyromski
Photo courtoisie Louise St-Arnaud et son fils, Nicolas Zyromski, propriétaires des Serres Frank Zyromski.

Coup d'oeil sur cet article

De janvier à la fin mars, les Serres Frank Zyromski font plus que doubler leurs effectifs, passant de 35 à 80 employés. Malgré toutes les solutions mises en place, certains postes sont toujours à combler.  

Chaque automne, Louise St-Arnaud, propriétaire et directrice des ressources humaines des Serres Frank Zyromski, fait des pieds et des mains pour trouver la main-d’œuvre dont elle aura besoin en prévision du pic de production.   

L’entreprise horticole, établie à Rivière-Rouge, dans les Laurentides, produit annuellement de 8 à 10 millions de boutures de plantes ornementales, telles que géraniums, bégonias et autres fleurs qui seront sur le marché au printemps.   

« Comme nos emplois sont saisonniers, on a un défi de rétention. Plusieurs employés ne reviennent pas. Il faut donc procéder à de nouvelles embauches chaque année », explique Louise St-Arnaud.  

Une aide indispensable  

Pour pallier la rareté de personnel, l’employeur a dû mettre en place un éventail de solutions. Il puise notamment dans le bassin de nouveaux retraités qui ont quitté la ville pour s’établir à la campagne.   

« On en a embauché quelques-uns, sauf qu’ils ne sont pas disposés à travailler durant le week-end. Ils nous aident à pourvoir certains postes à temps partiel alors qu’on opère sept jours sur sept.   

Les plantes ont besoin de soins tous les jours. »    

Comme d’autres producteurs agricoles, l’entreprise n’a eu d’autre choix que de se tourner vers les travailleurs étrangers temporaires. La première année, en 2018, elle en a embauché trois provenant du Guatemala. Cette année, elle en a accueilli 12.  

« C’est une aide dont on ne peut pas se passer, d’autant plus que ces employés sont prêts à travailler de 50 à 60 heures par semaine. Mais ils ne comblent pas tous nos besoins à cause de la barrière de la langue. Pour certaines tâches, il faut pouvoir lire des documents qui sont en français. »  

Partager ses employés  

Mme St-Arnaud a aussi tenté d’établir des partenariats avec des entreprises de la région pour échanger des travailleurs saisonniers. La démarche n’a pas porté ses fruits, la PME étant en concurrence avec d’autres employeurs de Mont-Tremblant et sa station de ski, dont la haute saison coïncide avec la sienne. Elle tentera peut-être de nouveau l’expérience. Le partage d’employés entre entreprises saisonnières, c’est une solution que l’industrie horticole souhaite voir se répandre.   

« C’est un bon moyen d’allonger les périodes d’emploi pour que les travailleurs restent dans notre industrie, affirme Martine Matteau, directrice générale de HortiCompétences, le comité sectoriel de main-d’œuvre en horticulture ornementale. Le défi, c’est de connaître les emplois complémentaires dans sa région. »  

Le secteur de l’horticulture ornementale au Québec    

  • 6 000 entreprises  
  • plus de 40 000 travailleurs  
  • 58% : Part des employeurs pour qui la rétention des employés est un défi, selon le diagnostic sectoriel de HortiCompétences.    

Source : Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale du Québec (Québec vert)  

Jumeler les emplois saisonniers 

Un projet de partage de main-d’œuvre vient d’être lancé au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Grâce au Réseau ALIRA (Alliance-Interaction-Ressources humaines-Atypique), les entreprises de la région pourront accéder à une banque de candidats disponibles qui occupent déjà un poste saisonnier. En prévision de leur haute saison, elles pourront ainsi solliciter les travailleurs d’autres entreprises qui se retrouvent sans emploi durant leur basse saison.  

Ce projet pilote, mis sur pied par l’organisme en employabilité Groupe Inter-Action Travail (GIAT) en collaboration avec la Corporation d’innovation et développement Alma–Lac-Saint-Jean-Est et Essor 2, a reçu un soutien financier de plus 500 000 $ du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.  

Le programme se déroulera jusqu’en 2022 et devrait permettre de rejoindre 1350 travailleurs et 580 entreprises.  

Cette initiative a été favorablement accueillie par le Chantier sur la Saisonnalité qui regroupe cinq comités sectoriels de main-d’œuvre des secteurs du tourisme, de la production agricole, de l’aménagement forestier, des pêches maritimes et de l’horticulture ornementale.  


► Chaque samedi, Le Journal traitera des enjeux touchant la pénurie de main-d’œuvre. Comment les entreprises s’ajustent à cette nouvelle réalité. Comment les travailleurs, jeunes, immigrés et plus âgés, s’y préparent.   

► Si vous avez des témoignages à donner ou des solutions à proposer, veuillez écrire à yves.daoust@quebecormedia.com