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«L’écriture m’a sauvée» –Anne Robillard

Anne Robillard
Photo Chantal Poirier L'auteure Anne Robillard.

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Figure incontournable de la littérature fantastique et ésotérique au Québec, la romancière Anne Robillard publiera dans quelques jours son 75e livre. La sortie du quatrième tome de la série La Malédiction des Dragensblöt fait la preuve à la fois de son succès et de son courage aussi, puisqu’elle a continué à écrire en dépit d’une double épreuve : le cancer du côlon et la stomie.  

Anne Robillard a été opérée d’un cancer, il y a deux ans. Elle n’en avait pas parlé publiquement. « Pour moi, c’était une grosse insulte, dans ma vie, d’avoir le cancer du côlon, alors je n’en ai pas vraiment parlé à beaucoup de monde. Je suis rendue avec une stomie, que j’ai d’ailleurs baptisée Henri », révèle l’écrivaine, qui aura 65 ans en février.  

« Quand tu sors de l’hôpital et qu’ils te disent que tu vas vivre une vie complètement normale... ce n’est pas vrai », ajoute-t-elle. Maintenant, elle va mieux. « J’ai appris à vivre avec Henri. » Elle a d’ailleurs l’intention d’écrire sur le sujet, dans les prochains mois.  

L’écriture lui a sauvé la vie, assure-t-elle. « Une chance que j’ai ça. Je me suis accrochée à mes histoires, à mes personnages. Je suis passée par toutes les étapes du deuil, à commencer par le déni. Quand on m’a annoncé que j’avais le cancer, j’ai dit : voyons donc ! J’ai pas mal nulle part ! C’est ma voisine qui m’a opérée. Elle m’a dit que si elle ne faisait rien, dans un an, j’étais morte – j’avais deux cancers dans le côlon. »  

Un 75e livre  

Une fois qu’elle s’est sentie mieux, Anne Robillard a répondu à l’appel lancé par ses nombreux personnages, qui souhaitaient prendre vie. Elle s’est replongée dans son travail de création. Tant et si bien que son 75e livre, qui se trouve être le quatrième de la nouvelle série, La Malédiction des Dragensblöt, sortira le 12 février. Les autres tomes suivront au cours des prochains mois.  

<strong><em>La Malédiction des Dragensblöt, tome 4 : Esther et Isabel</em></strong><br>Anne Robillard<br>Édition Wellan<br>328 pages.
Photo courtoisie
La Malédiction des Dragensblöt, tome 4 : Esther et Isabel
Anne Robillard
Édition Wellan
328 pages.

« J’ai fait 75 tomes depuis 2002 ! En 18 ans ! », s’exclame-t-elle. « Ce sont presque tous des best-sellers. » Les Chevaliers d’Émeraude est sa grande série à succès, vendue à plus de 5 millions d’exemplaires. Cette série a été suivie de la série Les Héritiers d’Enkidiev et de la série Antarès, ce qui fait 36 tomes en tout. « Et les gens m’en redemandent encore. »  

Dragensblöt  

Anne a le sentiment que la nouvelle série, La Malédiction des Dragensblöt, est en train de lever de la même façon. « On sent la même énergie. » Cette nouvelle série n’a rien à voir avec l’univers des chevaliers : on y parle de fantômes et d’une malédiction qui frappe une famille d’Angleterre depuis 900 ans.  

« Cette série, je l’ai rêvée en 2001, mais je n’ai jamais eu le temps de l’écrire. Quand j’ai terminé Antarès, le 36e tome des Chevaliers d’Émeraude, je me suis mise à l’écrire. Les gens m’arrêtent dans les centres d’achats pour me demander si je vais continuer Antarès. Oui, mais pas tout de suite : il faut que je fasse Dragensblöt, ça fait 18 ans qu’elle attend dans ma tête ! »  

La romancière se sent très à l’aise dans son créneau – le genre fantastique et le roman ésotérique.   

« J’ai essayé d’écrire “normal” – je te jure ! Mais je ne suis pas capable. J’aime sortir les gens de leur ordinaire, de leur quotidien. »