/misc
Navigation

Notre argent pour lutter contre la laïcité

Periode des questions
Photo Simon Clark Pendant ce temps, ce n’est pas l’ensemble des contribuables canadiens, mais seulement les contribuables québécois qui paient la note de la bataille idéologique contre l’interdiction des signes religieux.

Coup d'oeil sur cet article

S’il fallait un argument supplémentaire pour souhaiter la disparition des commissions scolaires, il est tombé à point nommé pour le gouvernement Legault à l’aube du bâillon : la controversée English-Montréal dilapide des fonds publics pour lutter contre la loi sur la laïcité, souhaitée par une majorité de Québécois.

Le Journal a révélé que jusqu’ici, la bataille juridique contre la loi interdisant le port des signes religieux pour les personnes en situation d’autorité a coûté 373 000 $.

On s’insurgeait avec raison que la commission scolaire sous tutelle puisse profiter de fonds publics fédéraux pour tenter de renverser la loi québécoise.

Justin Trudeau ayant choisi de s’en laver les mains, il a fallu une sortie musclée de François Legault pour que la principale commission scolaire anglophone renonce aux 125 000 $ d’un programme fédéral de soutien qu’elle aurait pu toucher.

Le chef caquiste a sorti un bazooka politique, accusant le premier ministre du Canada « d’insulter les Québécois » en refusant d’empêcher l’utilisation d’argent fédéral dans la bataille contre la loi sur la laïcité. L’ex-roi du déguisement, que l’on sait attaché à la protection des minorités, n’a pas bronché. L’épisode laissera des traces dans les relations Québec-Ottawa.

Cocu content

Par contre, pendant ce temps, ce n’est pas l’ensemble des contribuables canadiens, mais seulement les contribuables québécois qui paient la note de la bataille idéologique contre l’interdiction des signes religieux. Plus cocu content que ça, tu meurs !

Et malgré ce qu’a dit François Legault en s’indignant de ce cas « troublant » d’utilisation de fonds publics d’English-Montréal, il n’y a rien à faire.

Selon un rapport d’enquête remis au ministre de l’Éducation, l’organisme est « dysfonctionnel » et incarne l’un « des pires cas de gouvernance ».

Les limiers ont signalé bien des dépenses irrégulières, comme l’achat de dizaines de bouteilles d’alcool pour des réunions et des frais exorbitants pour des congrès

Mais lorsque le gouvernement a placé la commission scolaire sous tutelle, il a choisi une tutelle partielle, qui lui laissait donc le droit d’intenter des poursuites judiciaires.

« On ne voudrait surtout pas que, en [faisant] un geste pour assurer la bonne gouvernance, certains puissent dire qu’on tente de museler la communauté », avait expliqué en novembre dernier le ministre Jean-François Roberge.

English-Montréal avait déjà à ce moment enclenché une requête contre la loi 21, et une autre contre le transfert forcé de deux écoles.

L’aberration perdure

Bien sûr, on voudrait que ces fonds publics soient investis dans les services aux élèves, mais la tutrice, Marlène Jennings, ne peut pas intervenir.

On ne peut qu’espérer qu’au sein de la communauté, des parents s’élèvent pour réclamer une meilleure utilisation du budget. On peut allumer un lampion à la basilique.

Le bruit court qu’English-Montréal a prévu une cagnotte de 1,2 million $ pour sa bataille. Le porte-parole a refusé de confirmer, plaidant qu’il ne pouvait répondre en raison de la tempête. Il faut croire que les téléphones et les ordinateurs n’existent pas sur leur territoire et qu’une « journée de neige », comme il le dit, justifie l’absence de transparence.

Tout ça laisse un goût amer. La loi ne vise pas les anglophones. Et ce n’est pas une loi linguistique. Mais les commissaires ont pris une décision politique aux frais des Québécois. 

On peut reprocher au gouvernement Legault d’avoir drôlement pesé sur l’accélérateur pour adopter la loi abolissant les commissions scolaires dès la semaine de rentrée parlementaire. Cette hâte dans le cadre de changements si importants pourrait entraîner des erreurs, comme on l’a vu l’automne dernier en immigration. 

Mais on peut aussi se réjouir, parce que ça achève...

Les bulletins

Marc Tanguay, PLQ

Periode des questions
Simon Clark/Agence QMI

Le leader parlementaire libéral a manqué de sens de l’honneur en dévoilant au Salon bleu la teneur d’échanges privés qu’il a eus avec son vis-à-vis du gouvernement, lors de négociations en marge du bâillon. « Il m’a dit qu’il ne voulait pas partir d’ici à 5 heures du matin », a-t-il lâché, en pointant Simon Jolin-Barrette. Pas de nature à favoriser des liens de confiance entre parlementaires.

Ruba Ghazal, Québec solidaire

Periode des questions
Simon Clark/Agence QMI

« Aujourd’hui, j’ai applaudi et j’ai dit bravo. » C’est ainsi qu’elle a réagi au plan d’élargissement de la consigne présenté par le gouvernement la semaine dernière. Les solidaires donnent généralement l’impression qu’ils ne seront jamais satisfaits, peu importe les mesures environnementales mises de l’avant. Le commentaire dénué de partisanerie de l’élue de Mercier était rafraîchissant !

Simon Jolin-Barrette, CAQ

Periode des questions
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Le scénario semble avoir été rédigé pour le remettre en selle, mais deux nouvelles ont néanmoins ensoleillé la rentrée du ministre de l’Immigration. Son objectif de réduire le nombre d’immigrants à 40 000 en 2019 a été atteint, et l’élargissement de l’accès aux cours en francisation a permis d’accueillir 24 % plus d’élèves l’automne dernier.

Joëlle Boutin, CAQ

Periode des questions
Simon Clark/Agence QMI

« Servir le Québec, c’est un immense privilège qui nous a été accordé, il est fragile, éphémère, et il vient avec l’immense responsabilité de livrer la marchandise. » Entrée réussie au Salon bleu pour la nouvelle députée de Jean-Talon. À la fois digne, inspirante et touchante, elle a livré un discours sincère et authentique qui a séduit même ses adversaires.

En vrac

« Papa, je t’aime. »

Periode des questions
Photo Simon Clark

Le député libéral Saul Polo, qui a perdu son père en juin dernier, a livré un message pour la prévention du suicide qui a touché l’ensemble des élus.

L’image sportive de la semaine

« C’est comme si le Parti québécois était un peu l’Ovechkin du bâillon, que le Parti libéral était un peu le Crosby du bâillon, alors que nous, on est plus le Dave Morissette du bâillon. » 

– François Legault