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Pas de chèque en blanc pour Investissement Québec

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Quand j’ai vu à la une du Journal que le gouvernement Legault avait injecté 30 millions de dollars dans les « baleines volantes » de la compagnie française Flying Whales, je me suis dit : on nous prend pour des poissons ! 

Le pire avec cet investissement dans les dirigeables de Flying Whales, c’est de voir que le premier ministre François Legault et son ministre Pierre Fitzgibbon de l’Économie et l’Innovation croient dur comme fer qu’il s’agit d’un très bon placement, même si les dirigeables en question n’existent que sur la planche à dessin... Et que leur éventuelle utilisation dans le Grand Nord du Québec, advenant la création de la « bête », ne serait aucunement réaliste, selon des experts ! 

Qu’à cela ne tienne, « les sceptiques seront confondus... dus... dus », a répliqué François Legault en paraphrasant le Capitaine Bonhomme. 

Combien de compagnies hautement risquées comme « Flying Whales » allons-nous retrouver dans le portefeuille du nouvel Investissement Québec (IQ) que François Legault a inauguré cette semaine ? Beaucoup, si je me fie aux attentes et directives du premier ministre envers « sa » nouvelle banque d’affaires que devient Investissement Québec. 

François Legault veut que le nouvel Investissement Québec soit plus audacieux et prenne plus de risques, alors que l’actuel Investissement Québec gère déjà un portefeuille à risque élevé de quelque 11,3 milliards $, soit 4,3 milliards de fonds propres et 7 milliards $ à titre de mandataire du gouvernement pour le Fonds de développement économique, Fonds Capital Mines Hydrocarbures. En passant, Legault rajoute deux milliards $ dans ledit portefeuille. 

Que le rendement d’Investissement Québec baisse éventuellement à un très faible niveau en raison des risques accrus n’inquiète pas Legault. 

LES RETOMBÉES ? 

Pour le premier ministre, ce qui compte maintenant ce sont les éventuelles retombées fiscales que les entreprises (dans lesquelles Investissement Québec va investir) vont rapporter dans les coffres de son ministre des Finances. 

Concrètement, cela signifie que le gouvernement Legault se donne avec les placements hautement risqués d’Investissement Québec (IQ) une énorme marge de manœuvre lorsqu’ils sous-performeront. 

Du genre : IQ n’a pas fait d’argent, mais le gouvernement, nous dira-t-on, a obtenu de belles retombées fiscales. Ah oui ! Combien ? Est-ce possible d’avoir des chiffres concrets ? 

Voyons donc, le ministère des Finances ne sera pas en mesure de transmettre de tels chiffres sur les entreprises financées par IQ. 

Il va donc falloir se fier à Investissement Québec (IQ). Selon le rapport 2016-17 de la vérificatrice générale du Québec, IQ avait gonflé durant nombre d’années les retombées économiques de ses interventions financières. De combien ? 60 %. 

Le nouveau défi d’Investissement Québec n’étant plus de rapporter du rendement, mais plutôt des retombées économiques, et ce, à la demande expresse de François Legault, je suggère que la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, soit chargée de vérifier chaque année les chiffres de IQ. 

LA QUESTION 

A-t-on donné au gouvernement Legault un chèque en blanc pour qu’il investisse une importante portion de nos impôts et taxes dans des entreprises à haut niveau de risques ? 

Non ! Le parti au pouvoir doit gérer les recettes de l’État en bon père de famille, et non en spéculateur.