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Sept civils tués dans une nouvelle attaque près de Beni, 12 cadavres retrouvés après deux jours

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Sept civils ont été tués dans une nouvelle attaque lancée dimanche près de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), et douze corps ont été retrouvés deux jours après une précédente attaque ayant provoqué un déplacement massif des populations, a-t-on appris auprès d’un responsable local et de la police. 

«Une soixantaine d’ADF [membres du groupe Forces démocratiques alliées] ont tué aujourd’hui [dimanche] à Makeke sept civils, cinq hommes et deux femmes», a déclaré à l’AFP Mapengo Shabani, chef de groupement de Makeke, à 32 km au nord de Beni, dans la province voisine de l’Ituri (nord-est). 

«L’attaque a eu lieu en plein jour. Ces terroristes ont également pillé cinq boutiques. Jusque-là, on n’a pas enregistré de personnes disparues.» 

L’attaque a été annoncée à l’AFP par le major Losendjola Morisho, chef de la police de la commune rurale voisine de Mangina, où douze corps ont été retrouvés après une précédente attaque vendredi qui avait fait huit morts et vingt personnes portées disparues. 

Samedi, après avoir aperçu des ADF roder à 5 km de Mangina, la quasi-totalité des habitants avait quitté la ville pour aller vers Beni (30 km au sud), redoutant l’imminence de nouveaux massacres. 

Une série d’attaques meurtrières attribuées au groupe ADF a eu lieu à l’est puis à l’ouest de la route nationale numéro 4. Depuis une semaine, des attaques des ADF sont signalées au nord, aux confins du Nord-Kivu et de l’Ituri. 

Le 28 janvier, 36 civils avaient été tués dans une attaque attribuée aux ADF à Oicha, chef-lieu du territoire de Beni, après au moins trois semaines d’accalmie. 

L’armée congolaise, qui mène des opérations contre le groupe ADF depuis le 30 octobre dans la partie est, a affirmé les avoir chassés de leurs principaux fiefs et avoir tué cinq de leurs six chefs. 

Selon les comptages de la société civile de Beni, des ADF ont massacré plus de 300 civils en représailles à ces opérations militaires lancées contre leurs fiefs. 

À l’origine, les ADF sont des rebelles musulmans ougandais qui se sont installés dans l’est de la RDC en 1995. Ils ne lancent cependant plus d’attaques contre les frontières de l’Ouganda voisin depuis des années. 

Les ADF «possèdent les caractéristiques à la fois d’un groupe armé et d’une organisation criminelle, et semblent suivre une idéologie islamiste extrême», selon un rapport remis au Conseil de sécurité des Nations Unies.