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Jours de tempête

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Les tempêtes de neige sont plus faciles à aimer lorsqu’elles surviennent pendant un hiver clément comme celui de cette année.

N’empêche, ils ont été nombreux vendredi à voir leur journée chamboulée. On pense aux premiers répondants et aux déneigeurs, en ces moments où ils doivent fournir l’effort de plus pour nous garder en sécurité. Il y a aussi toutes ces petites mains, éboueurs ou facteurs, qui doivent exécuter leur prestation comme si aucun banc de neige ne les séparait de leurs tâches. Sans parler des gens qui ont des accidents simplement en se rendant au travail...

Réalité alternative 

Quand les éléments se déchaînent au point où l’on décide de fermer les écoles, on entend toujours des esprits chagrins se plaindre qu’on bichonne trop nos enfants, évoquant une réalité alternative où on devait jadis marcher nu-pieds dans la tempête pour s’y rendre. 

Inversement, quand les enfants sont quand même emmenés à l’école malgré le mauvais temps, il s’en trouve aussi pour dire que quelqu’un quelque part a dormi au gaz. Un accident d’autobus scolaire surviendrait qu’on chercherait des coupables.

On peut aussi prendre le parti des enfants. Qui a oublié la magie d’apprendre au réveil qu’on profitera d’un congé inattendu ? On a tous des réminiscences de forts creusés dans le banc de neige d’en-avant ou de cassettes de Nintendo louées une vingtième fois à la tabagie du coin. 

Nordicité

Les parents font contre mauvaise fortune bon cœur. Travaillant de la maison pour certains, le moindre appel professionnel est parfois interrompu par des cris aigus. D’autres amènent leur marmaille au bureau, où la papeterie professionnelle sera convertie au bricolage. Ça fait partie de mes souvenirs aussi.

Dans notre nordicité, il y a le vent, la neige et même les redoux. Il y a les récits d’accidents tragiques, mais aussi les souvenirs magiques. Ce matin, en finissant de pelleter, chérissons-les.