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«Ça prend plus que des médecines douces pour prévenir le suicide», plaide une mère endeuillée

Alec H., 20 ans, en 2018, l'année où il s'est enlevé la vie.
Photo FB Alec H., 20 ans, en 2018, l'année où il s'est enlevé la vie.

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Une mère dont le fils de 20 ans s'est suicidé explique la nécessité d'une commission spéciale indépendante.  

C'est avec la voix empreinte d'émotion que Pascale Lortie a raconté le suicide de son fils à l'émission de Sophie Durocher à QUB radio.       

«Il souffrait d'une maladie mentale non diagnostiquée», a expliqué Mme Lortie.      

Selon elle, son fils, Alec H., serait encore en vie si des mesures de détection de prévention adéquates, basée sur l'intervention psychiatrique, étaient en place au Québec.          

  • ÉCOUTEZ Pascale Lortie à l'émission On n'est pas obligé d'être d'accord à QUB radio:    

Ça prend plus que des médecines douces  

Elle a raconté que, malgré 70 heures de psychothérapie, aucun des quatre psychologues rencontrés n'avait détecté les idées suicidaires de son fils.      

«C'est pour ça que je pense que ça prend un peu plus que la médecine douce au niveau de la prévention du suicide. C'est beau de renforcer la première ligne, mais on ne s'attaque pas au nœud du problème, qui est vraiment le traitement des idées suicidaires et de la maladie psychiatrique», a-t-elle expliqué. 

Faisant partie du mouvement des personnes endeuillées qui, dans une lettre adressée au premier ministre, réclame une commission spéciale indépendante, Pascale Lortie a raconté qu'elle côtoie des gens endeuillés depuis 2 ans.      

«Après avoir entendu le récit des proches pris dans les rouages du système, il y a des erreurs de diagnostic. On ne soigne pas le problème», a dit la mère qui déplore que les psychiatres soient en troisième ligne. 

Elle a fait état des ressources inadéquates au Québec et du fait que les maladies mentales ne sont pas bien comprises. «Cela prend une commission. Nous, on voit les lacunes du système», a insisté Mme Lortie.      

Elle souligne que 90% des personnes qui passent à l'acte souffraient d'un trouble mental au moment de leur geste, pour appuyer l'argumentaire que si ces personnes étaient traitées adéquatement, elles ne songeraient pas au suicide.    

«Mon fils aurait pu être sauvé, tout comme les proches de la plupart des gens que je connais. Ce sont vraiment des morts évitables», a-t-elle déploré.     

Même si 1045 personnes ont mis fin à leur jour en 2017 au Québec, ce phénomène est en régression. Le taux de suicide était de 12,4 par 100 000 personnes dans la province en 2017, une baisse par rapport à 2015 (13,9) et 2016 (13,2). Cette diminution s’observe depuis le début des années 2000. 

«Notre mouvement est là pour rester parce qu'avec trois suicides par jour au Québec, on est là pour rester», a-t-elle conclu d'un ton résigné à se battre. 

Si vous avez besoin d’aide  

Ligne québécoise de prévention du suicide   

www.aqps.info  

1 866 APPELLE (277-3553)  

Jeunesse, J’écoute   

www.jeunessejecoute.ca  

1 800 668-6868  

Tel-jeunes   

www.teljeunes.com  

1 800 263-2266

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