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Fondamentalistes de la bicyclette

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Vendredi dernier, jour de tempête, en route pour l’aéroport à six heures du matin, j’ai vu quelques cyclistes pédaler dans les rues enneigées.

L’un d’entre eux, loin devant moi, est tombé. Dieu merci pour lui et moi, je roulais à 20 km à l’heure. Il s’est relevé et a enfourché son vélo avant de continuer son chemin, jusqu’à sa prochaine chute, sans doute.L’hiver est l’Himalaya des cyclistes montréalais. Ceux-ci interdiraient les autos dans les rues si on cédait à leur délire. D’ailleurs, le lobby de la bécane y arrivera peut-être un jour.

Les plus extrémistes, qui ont des représentants à l’hôtel de ville et dans les arrondissements de Montréal, s’endorment le soir en rêvant de la disparition des voitures au profit du transport en commun. Certains, plus extrémistes encore, sont des adorateurs des pays en voie de développement, comme la Chine à l’époque où elle n’avait pas encore accepté le système capitaliste et où la longue marche de Mao servait de modèle de locomotion.

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Gériatrophobes

Les voiturophobes comptent un lot important de gériatrophobes. Prônant le vélo en toute circonstance, sauf en cas d’urgence médicale – mais qui sait si l’on n’inaugurera pas, dans quelques années, des tricycles-ambulances – ils manifestent peu d’intérêt pour les vieux.

Si elles ne peuvent mourir dans la dignité, les personnes âgées peuvent rouler à vélo dans les rues de Montréal où, compte tenu de la rage au volant, elles risquent de se faire renverser. Or, une fracture à la hanche dans le grand âge affaiblit le corps et accélère la déchéance physique. Bref, le vélo sert aussi à débarrasser les vieux du paysage urbain pour les parquer dans les mouroirs désertés par trop de familles qu’insupporte la vue de la misère des « fins de vie ».

À l’évidence, les voiturophobes ont de l’avenir chez nous.