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Le coronavirus pourrait perdre de la vigueur au printemps

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Bien que le président américain, Donald Trump, a pris quelques largesses lundi, en annonçant que le nouveau coronavirus sera probablement éradiqué en avril en raison de la chaleur, sa déclaration n'est pas dénuée de tout fondement, juge un expert.  

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Le président a causé une surprise en prédisant la fin de l'épidémie. «D'ici avril, ou au cours du mois d'avril, la chaleur en général tue ce genre de virus. Ce serait une bonne chose», a-t-il déclaré depuis la Maison-Blanche, lundi, avant d'encenser les efforts de la Chine pour endiguer la propagation du virus 2019-nCoV.   

Selon le professeur Benoit Barbeau, un virologiste qui enseigne à l'UQAM, l'arrivée du printemps pourrait effectivement nuire à la capacité du virus à se propager. En raison de la hausse des températures, les microgouttelettes expulsées par la toux, qui semblent être le principal vecteur de transmission de la maladie, deviendront moins stables.   

«En d’autres mots, ce type de virus sera moins longtemps apte à être transmis à une nouvelle personne qui rentre en contact avec une surface contaminée par le dépôt de microgouttelettes provenant d’un individu infecté», a expliqué M. Barbeau à l'Agence QMI.   

Il est toutefois trop tôt pour crier victoire, a tempéré le spécialiste des virus. Si, en règle générale, les coronavirus perdent une partie de leur capacité à infecter de nouvelles personnes avec le retour du temps doux, tous ne réagissent pas de la même façon.   

«Comment ce virus tolérera cette transition de température reste à être déterminé», a souligné le virologiste, en rappelant que le 2019-nCoV commence à peine à être étudié.   

Incertitude  

Il est donc hasardeux de tenter de prédire combien de temps durera l'épidémie. «On ne peut vraiment arriver à une estimation claire de la durée de l’épidémie, car ce nouveau virus est peu connu. [...] On ne peut qu’espérer que les mesures actuelles prises par les différents gouvernements seront suffisantes pour contenir le virus», a résumé M. Barbeau.   

Appelé à commenter la déclaration du président Trump au cours d'une conférence téléphonique, l'administrateur adjoint de la santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo, a évité de prendre position lundi, indiquant plutôt que les autorités sanitaires continuent à travailler avec leurs partenaires internationaux pour contenir le virus, y compris les Américains.   

Divers spécialistes et organisations ont, pour leur part, souligné qu'il est pratiquement impossible de prévoir comment l'épidémie évoluera dans les prochaines semaines.   

«Nous ne savons pas. [...] Tout type de prédiction serait malvenue, car il reste énormément d'inconnues», a notamment affirmé le directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses, Anthony Fauci, lundi.   

- Avec l'AFP