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Les déneigeurs qui ne fournissent pas mettent les clients en colère­­­

La pénurie de main-d’œuvre cause des maux de tête après la neige des derniers jours

GEN -JEAN-LUC SIGOUIN ET CÉDRIC DESROSIERS
Photo Martin Alarie Jean-Luc Sigouin, propriétaire de Déneigement prestige, est débordé après les dernières neiges.

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MIRABEL | La pénurie de main-d’œuvre chez les déneigeurs privés est telle qu’ils n’arrivent plus à suffire à la demande de clients dans des délais raisonnables. 

« On ne peut pas opérer des déneigeuses sans employés. On sait que des clients sont insatisfaits, mais on ne peut pas faire de miracle », défend Samuel Robitaille, propriétaire d’une entreprise de déneigement depuis 25 ans.  

La grosse tempête et la chute de neige de lundi s’avèrent un véritable calvaire pour les déneigeurs privés qui ne comptent pas assez d’employés.  

Sam Extérieur a plus de 4000 clients sur la Rive-Nord de Montréal. Cinquante-cinq employés opèrent plus de 40 camions. Certains d’entre eux doivent faire des journées de travail de 15 heures quand il y a des tempêtes de neige. Samuel Robitaille aurait besoin d’une dizaine d’employés supplémentaires.  

« Les gens chialent parce qu’ils payent et qu’on est en retard, mais dans la vraie vie, ça nous donne 3 $ par visite quand on calcule le coût de l’opération. Je sais que ce n’est pas de leur ressort puisqu’ils payent. On leur demande simplement d’être compréhensifs », précise M. Robitaille. 

ÉCOUTEZ l'entrevue d'Alain Winner, déneigeur depuis plus de 20 ans, à QUB Radio:

Pas de plan B 

« On voit vraiment une problématique avec la main-d’œuvre saisonnière, se désole Jean-François Bédard, de JFB déneigement. Nous n’avons pas de plan B en cas de maladie. Les patrons doivent compenser. Cette année, c’est pire, et on s’attend à ce que l’année prochaine soit catastrophique », ajoute le propriétaire de cette compagnie de Québec depuis 1987. 

« Au début, les gars aiment bien conduire des Tonka, mais après, la réalité les rattrape. Les carrières à long terme sont difficiles dans notre domaine », continue M. Bédard. Ses employés travaillent 14 à 15 heures par jour lors d’une bonne bordée. Jean-François a tout son personnel pour opérer sa machinerie à condition qu’ils soient tous présents. 

Les employeurs en déneigement engagent aussi des employés à temps partiel, ce qui représente parfois un casse-tête de gestion, car ils ne sont pas toujours disponibles.  

« Un employé occasionnel qui doit déduire son salaire de deux jours de l’assurance chômage préfère rester au chaud avec sa famille plutôt que d’aller travailler à 12,50 $ de l’heure un jour de Saint-Valentin. D’autant plus qu’avec la météo, on doit l’appeler à la dernière minute », explique Jean-Luc Sigouin, propriétaire de Déneigement prestige, qui dessert surtout la Rive-Sud. 

À titre d’exemple illustrant les besoins colossaux en déneigement, un grand nombre d’entreprises d’un peu partout au Québec, contactées par Le Journal ont toutes refusé nos demandes d’entrevues par manque de temps.  

« J’ai même pas deux minutes », a soutenu le propriétaire d’une compagnie de l’Estrie. 

Réseaux sociaux  

Parce que les compagnies tardent à servir leurs clients, plusieurs parmi ces derniers s’insurgent et émettent des insultes sur les réseaux sociaux.  

Au point où plusieurs groupes de discussion de type « Spotted » ont affirmé au Journal qu’ils ne publient plus les plaintes. 

La conjointe de Samuel Robitaille a lancé un appel à tous sur les réseaux sociaux afin de calmer « l’impatience des gens » après la tempête de neige.  

« On est au Québec. Il neige beaucoup. Les entreprises de déneigement sont excessivement difficiles à gérer et à rentabiliser. Les chauffeurs sont disponibles de novembre à avril 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Soyez respectueux envers eux. Ils sont des humains avec une tête et un cœur. Ils font leur possible avec les moyens qu’ils possèdent », a écrit Barbara Fillion.