/misc
Navigation

Trump et les musulmans: nouvelles restrictions pour six autres États

Trump et les musulmans: nouvelles restrictions pour six autres États

Coup d'oeil sur cet article

Vous vous souvenez probablement que dès son entrée à la Maison-Blanche, le président Trump avait fait rédiger à la hâte un décret présidentiel sur l’immigration.   

Je me souviens avoir critiqué le manque de sérieux dans la rédaction de ce décret. Avant d’avoir une véritable discussion sur les restrictions, on devait d’abord corriger le manque de subtilité d’un décret qui visait clairement les musulmans.       

L’administration Trump a ensuite fait ses devoirs et préparé une formulation acceptable pour les tribunaux qui, contrairement aux affirmations du président, ne sont pas à la solde des démocrates. À la fin du mois de janvier, il récidivait avec des mesures qui toucheront les migrants de six pays supplémentaires.       

Déjà en campagne électorale, le président continue de marteler la question de la sécurité. Fidèle à ses discours de 2016, il livre une fois de plus la marchandise à ses partisans. On peut appuyer la politique de l'administration ou s’y opposer, mais il faut reconnaître qu'il sait tenir ses promesses et rentabiliser politiquement une recette qui fonctionne.       

Les opposants du président pourront-ils une fois de plus demander aux tribunaux de se prononcer? S’il est possible qu’on utilise des recours légaux, la démarche sera complexe et l’issue incertaine. L’administration a été plus habile et les justifications avancées sont plus nombreuses.        

Les six nouveaux pays affectés par les mesures comptent des pourcentages importants de populations musulmanes (sauf la Birmanie), mais Donald Trump ne vise cette fois que certains types de visas. On permet toujours aux ressortissants des pays visés de venir visiter leur famille, ce qu’on souhaite éviter, ce sont les migrants qui veulent s’implanter aux États-Unis.       

Malgré son ton ferme et ses politiques controversées, l’administration Trump ne peut affirmer qu’elle empêche les musulmans d’entrer aux États-Unis.        

Si on remarque des baisses appréciables de l’immigration en provenance des pays touchés par le premier décret, le président est loin de remplir ses promesses. Les immigrants musulmans continuent d’entrer et de s’installer aux États-Unis, mais on note cependant une hausse de la répression ou des discours haineux à leur endroit.       

Si l’administration a mieux ficelé son récent projet pour éviter d’affronter les tribunaux, les retombées risquent encore de contribuer à attiser les passions. Une politique menée essentiellement selon des visées électoralistes favorise une fois de plus la division.       

Bien avant l’élection de Donald Trump, les politiques migratoires américaines étaient déjà parmi les plus restrictives et les plus sévères, particulièrement depuis le 11 septembre 2001. On refusait même parfois des ressortissants qui avaient mis leur vie en jeu pour soutenir les services de renseignement américains. Les services d'immigration étaient bien des choses, mais assurément pas une passoire.       

Tout comme pour la construction de son mur, le président n’hésite pas à défier les études et l’avis des experts. Non seulement risque-t-il d’engloutir inutilement des millions, mais il met en péril la paix sociale pour satisfaire une fraction de sa base électorale.       

N.B.: Les six nouveaux pays touchés par les restrictions sont: la Birmanie, le Nigéria, l'Érythrée, le Kirghizstan, le Soudan et la Tanzanie