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Vos impôts pour financer des entreprises privées?

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Les largesses des gouvernements envers le secteur privé font la manchette. La prise de participation de Québec dans la gangrenée CSeries et les prêts d’Investissement Québec pour le Club Med de Charlevoix n’ont rien pour rassurer les contribuables.  

Pas plus que les prêts gouvernementaux à faibles taux d’intérêt à des entreprises qui décident quand même de quitter le Québec.  

  • ÉCOUTEZ Jean-Denis Garon à Franchement Dit sur QUB radio:

Par ailleurs, le Québec Inc. qui nous a tant enrichis ne s’est pas développé par la seule intervention divine du capitalisme. Bombardier, Groupe Canam, Couche-Tard, SNC-Lavalin et bien d’autres ont toutes reçu des coups de pouce des gouvernements à un moment ou à un autre.  

Pourquoi intervenir ? 

Le Québec est une petite économie ouverte. Le capital de risque s’y fait plus rare qu’aux États-Unis, un pays avec lequel nous sommes en concurrence directe. Les gouvernements ont typiquement aidé des entreprises à croître parce que notre marché des capitaux était peu développé.  

L’État peut aussi aider à garder nos sièges sociaux chez nous. En périodes de ralentissement économique, des entreprises fragiles mais prometteuses sont à risque d’être acquises par les grands capitaux étrangers.  

Quoique ça joue dans les deux sens. Le groupe Saputo s’est récemment fait un plaisir d’acquérir des entreprises étrangères mises à mal par la morosité du secteur laitier dans plusieurs pays.  

Il y a aussi une réalité que les Québécois ne veulent pas entendre. Même si on aime beaucoup nos PME, les plus gros investissements sont faits par les plus grosses entreprises. Des multinationales très mobiles qu’il faut parfois traiter aux petits oignons.  

Et n’oublions pas que le Québec connaît une réalité géographique particulière. Notre territoire est immense. Si le développement régional passe par l’investissement des entreprises, force est de constater que nombre d’entre eux préféreraient aller ailleurs sans le soutien de l’État.  

Interventions inefficaces ? 

Bref, il y a bel et bien des raisons pour que le gouvernement saute dans la mêlée et investisse. Mais ça ne veut pas dire qu’on doive se lancer tête première dans tout et dans rien. Sans transparence et sans rendre de compte.  

Sans que l’on sache si la politique s’en est mêlée, comme ça a probablement été le cas quand le gouvernement Couillard a sauté à pieds joints dans l’aventure C-Series.  

Le gouvernement doit nous présenter une évaluation claire, transparente et indépendante des opportunités d’investissements. De ce que j’en comprends, on est encore bien loin du compte. 

IQ toute puissante 

François Legault vient tout juste de dévoiler sa nouvelle mouture d’Investissement Québec. La nouvelle formule fera peut-être moins dans la paperasse. Mais elle sera plus centralisée que jamais. Mais surtout, elle relèvera du banquier désigné de la CAQ, Pierre Fitzgibbon.  

S’il relève du gouvernement d’élaborer ses priorités économiques, les choix d’investissements doivent être exempts d’intervention, ou d’apparence d’intervention politique.  

Les Québécois ont le droit de savoir ce qu’il advient de leur argent. Qu’arrive-t-il avec nos milliards engloutis dans la CSeries ? « Il faudra comprendre où est allé l’argent », nous répond le gouvernement ! C’est un peu gênant...