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40 jours de suspension réclamés contre le Beach Club

L’établissement de Pointe-Calumet propose plutôt une période de 10 jours

GEN-HELLS ANGELS, CANADA RUN AU BEACH CLUB
Photo MARTIN ALARIE Un groupe de Hells Angels s’était présenté au Beach Club de Pointe-Calumet le 12 août 2018, ce que n’avaient pas aimé les autorités qui en ont fait un argument afin de justifier la demande de suspension du permis d’alcool du bar à ciel ouvert.

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Le Beach Club mérite de perdre son permis d’alcool pendant 40 jours pour avoir porté atteinte à la sécurité publique, ont plaidé hier les autorités, tandis que le bar à ciel ouvert de Pointe-Calumet estime qu’une suspension de 10 jours serait suffisante.

« La Régie doit intervenir, le permis d’alcool du Beach Club nuit à la sécurité et à la sécurité publique », a martelé Guillaume Dutil-Lachance, l’avocat du contentieux de la Régie des alcools, des courses et des jeux, hier, au palais de justice de Montréal.

Intoxications, violence, drogue, Hells Angels affichant fièrement leurs couleurs... la liste de récriminations contre le populaire bar des Laurentides est longue. 

Ainsi, entre 2016 et 2018, les autorités ont recensé jusqu’à 55 transports ambulanciers en raison de festivaliers intoxiqués à l’alcool ou à la drogue. 

Car même si tout le monde est fouillé en entrant sur le site, un agent double n’a pas eu de mal à se procurer de la drogue.

Une personne s’est déjà noyée sur place, tandis qu’un piéton a été mortellement happé par un conducteur qui se rendait au Beach Club tout en tentant de fuir un patrouilleur qui cherchait à l’intercepter. 

Plus de 500 interventions

Lors des quatre derniers étés, la police a dû intervenir plus de 500 fois à cet endroit.

« Des suspects résistent, des policiers se sont fait frapper ou cracher dessus, il y en a qui se sont fait mordre par des individus en crise », a rappelé Me Dutil-Lachance.

L’avocat a aussi rappelé les nuisances à la tranquillité publique, en rappelant que les grands événements du Beach Club peuvent rassembler 6000 personnes, alors que la municipalité compte 6500 habitants.

David Beaudoin.
Avocat 
du Beach Club
Photo Chantal Poirier
David Beaudoin. Avocat du Beach Club

Le Beach Club, de son côté, a tenté de tout relativiser. S’il y a eu des événements malheureux, il faut se rappeler que le bar accueille une centaine de milliers de visiteurs par année, a plaidé hier Me David Beaudoin. 

« On ne peut pas avoir de meilleure sécurité que celle au Beach Club, a-t-il dit. L’équipe est compétente, on ne lésine pas sur les moyens et sur la sécurité des gens. »

« Pas d’impact négatif »

L’avocat a aussi minimisé l’impact de la présence des policiers, en rappelant que le bar à ciel ouvert supportait une partie des coûts. 

Quant aux festivaliers qui ont dû être envoyés à l’hôpital, rien n’indique que cela a engendré plus d’attente aux urgences.

« Je ne vois pas l’impact négatif sur le territoire de Pointe-Calumet », a-t-il affirmé en suggérant plutôt une suspension de permis d’alcool pour 10 jours.

« Le message serait compris. »

  • Les juges administratives Louise Marchand et France Thériault ont pris leur décision en délibéré. Il est déjà certain que la suspension, peu importe la durée, se fera durant la saison estivale, quand le Beach Club est normalement ouvert.