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Gouvernance scolaire: Québec avait les mains liées, prétend la ministre Laforest

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Le gouvernement Legault dit forcer la main aux municipalités en raison de leur manque de collaboration pour rendre disponibles des terrains destinés à la construction d'écoles.   

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La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a justifié ainsi l’ajout de dernière minute d’un article controversé à la loi 40 sur la gouvernance scolaire adoptée sous bâillon samedi dernier.  

Cet article oblige les municipalités à fournir gratuitement un de leurs terrains pour la construction ou l’agrandissement d’écoles deux ans, au maximum, après qu’une demande leur ait été adressée.  

Cet ajout de dernière minute a soulevé l’ire de plusieurs représentants municipaux, y compris les maires de Montréal et Gatineau et l’Union des municipalités du Québec (UMQ), qui affirment ne pas avoir consulté.  

«Je comprends la vice-présidente de l’UMQ [Suzanne Roy] qui dit qu’on n’a pas été consulté, mais ça, c’est faux, parce qu’on a fait du terrain», a répliqué la ministre Andrée Laforest en point de presse, mardi, juste avant la période de questions à l’Assemblée nationale.  

Elle affirme que les municipalités où le gouvernement souhaitait construire de nouvelles écoles ont été consultées, mais que les seuls terrains offerts étaient inadéquats.  

«Il y a des terrains qui étaient offerts parfois en zone agricole, en milieu humide, en zone inondable, c’était assez particulier, parfois même sur le bord des autoroutes, a-t-elle affirmé. Si on continuait comme ça, alors on n’aurait pas eu de nouvelles écoles.»  

Pour appuyer ses propos, elle a déposé au salon Bleu une lettre adressée début janvier aux directeurs généraux de Montréal et de Gatineau les informant de l’intention du gouvernement d’exiger des villes qu’elles cèdent gratuitement des terrains pour la construction d’écoles.  

Il n’y est toutefois pas précisé que Québec entend ajouter un article en ce sens dans son projet de loi.  

Mardi, les partis d’opposition avaient demandé au gouvernement de reculer sur la loi 40 devant la levée de boucliers provoquée l’ajout de l’amendement controversé.  

Le Parti libéral du Québec (PLQ) réclamait le retrait de certains passages de la loi qui n’ont pas pu être discutés lors de son adoption sous bâillon, dont celui sur la cessation des terrains.           

  • ÉCOUTEZ Marwah Rizqy à l'émission Franchement dit à QUB radio:   

«La réforme Roberge, c’est comme l’achat d’une maison où on nous fait faire une visite de l’extérieur, mais on vous interdit de faire une visite de l’intérieur et il y pleins de vices cachés, mais on vous oblige quand même à faire une transaction», a déclaré la députée libérale Marwah Rizqy, en point de presse mardi.  

«Est-ce que ce gouvernement, après avoir bulldozé et court-circuité les élus scolaires [et] les élus de l’Assemblée nationale, bulldoze et court-circuite maintenant tous les élus municipaux du Québec? C’est ce qui semble être sa voie», a dit la porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation, Véronique Hivon.  

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a dit s’attendre à un «grand bordel en éducation» pour les prochaines années.    

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