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Nouvelle série: faut-il être souverainiste ou fédéraliste pour apprécier La Maison-Bleue?

Malgré sa prémisse, La Maison-Bleue n’a aucune mission politique

La Maison-Bleue
Photo courtoisie, KOTV Guy Nadon incarne le président d’un Québec souverain aux côtés d’Anne-Marie Cadieux (la première dame) et Anyjeanne Savaria (leur fille) dans La Maison-Bleue.

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Mettons une chose au clair : a-t-on besoin d’être souverainiste ou fédéraliste pour apprécier La Maison-Bleue ? Aucun des deux. Le seul prérequis, c’est d’aimer les comédies de situation. Vos allégeances politiques importent peu.  

Bien qu’elle dépeigne un univers parallèle dans lequel l’option du « oui » a remporté le référendum de 1995, la nouvelle série de Ricardo Trogi (1981, Le mirage) n’aborde aucune question sociale. Elle préfère s’en tenir aux thèmes classiques des sitcoms pour provoquer les rires : chicane de voisins, problèmes maritaux, soucis familiaux, etc. C’est du moins ce qu’on a constaté au visionnement des quatre premiers épisodes, hier, à Radio-Canada.  

« Le but, ce n’était pas de juger nos partis politiques actuels, réécrire l’histoire, prendre position et véhiculer une philosophie », a souligné le producteur et collaborateur aux textes, Louis Morissette, lors d’une table ronde suivant la projection.  

Grain de sel de Ricardo Trogi : « La croisière s’amuse, c’était sur un navire, mais est-ce qu’on parlait de bateau tant que ça ? Non. »  

  • Guy Nadon était à l’émission On n’est pas obligé d’être d’accord sur QUB radio: 

Objectif Floride  

D’après un scénario signé Ricardo Trogi et Daniel Savoie (auquel a participé François Avard), La Maison-Bleue atterrira sur ICI Tou.tv Extra jeudi. Composée de 10 épisodes de 22 minutes, la première saison brosse le portrait de Jacques Hamelin, le quatrième président du Québec, après Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et... Mario Tremblay. Interprété avec aplomb par Guy Nadon, l’homme politique traverse une période difficile : à quelques mois des élections, sa cote de popularité atteint les bas-fonds. Pour renverser la tendance, il déniche un projet de société susceptible d’assurer sa réélection : céder une partie du Grand Nord aux États-Unis en échange d’une portion de l’État américain préféré des Québécois, la Floride. (Fait à signaler, cette intrigue a été écrite avant que Donald Trump propose au Danemark d’acheter le Groenland.)  

Cette proposition carrément absurde représente parfaitement La Maison-Bleue : une comédie franche et assumée. C’est gros, gros, gros. Certains gags rentrent au poste, d’autres moins. La culture pop québécoise fait l’objet de nombreux clins d’œil réussis, comme cette idée d’effectuer une refonte des billets de banque en apposant des visages « qui sauront rejoindre la nouvelle génération », comme Maripier Morin, Guy A. Lepage et Guy Laliberté. Autre bon flash : celui de ponctuer chaque épisode d’extraits de Coude à coude, une émission de débats comme La Joute, dans laquelle Myriam Leblanc et Frédéric Pierre s’en donnent à cœur joie en commentateurs politiques.  

Burlesque  

Plus burlesque que Veep, cette délicieuse comédie de HBO dans laquelle Julia Louis-Dreyfus campait une vice-présidente aussi incompétente qu’amère, La Maison-Bleue profite d’une distribution de haut calibre qui mord dans chaque réplique avec entrain. Parmi les joueurs étoiles, signalons Simon Beaulé-Bulman en conseiller coincé, mais ô combien dévoué, Roger Léger en général d’armée inapte, Claude Despins en vice-président colon, et surtout Anne-Marie Cadieux en première dame pourrie en anglais.   

Future réplique culte : « Je suis en retard. Sorry, I’m retarded. »  


La Maison-Bleue sur ICI Tou.tv Extra dès jeudi.