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«L’agressivité» de François Legault

POL-CAQ-POINT DE PRESSE-CONSIGNE
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits François Legault, graine de dictateur ?

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Les adversaires du gouvernement Legault cherchent à l’enfermer dans un personnage autoritaire. C’est de bonne guerre, dira-t-on. Par exemple, l’éditorial de La Presse de samedi titrait « Taisez-vous, on gouverne ! ».  

Que le premier ministre ne soit pas à la hauteur de vue que ses adversaires souhaiteraient qu’il fût, cela va de soi. Lui-même s’est excusé à plusieurs reprises pour avoir parlé parfois trop vite, pour avoir changé d’idée ou pour avoir renié ses promesses à quelques occasions.  

Mais toute cette agitation couve des pensées moins honorables, moins vertueuses et plus arrogantes qu’elles n’y paraissent. Le gouvernement de la CAQ suscite des jugements qui reposent avant tout sur des stéréotypes, qui circulent dans des officines politiques à l’abri des micros et qui visent les Québécois de souche, qui constituent l’appui majoritaire à la CAQ.  

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Dénigrement  

Le Parti libéral à Ottawa comme à Québec et ses partisans n’ont pas une très haute estime des caquistes, qui flirtent à leurs yeux avec des idées « antidémocratiques ». Pour parler sans nuance, ils refusent d’accorder à ces politiciens provinciaux, alimentés par une culture régionale plutôt que par le cosmopolitisme nécessairement ouvert de Montréal, de la crédibilité. Sans doute les trouvent-ils aussi trop blancs, trop tricotés serrés, trop peu bilingues, trop laïcs et trop allergiques aux religions.  

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Les députés caquistes, sans expérience pour la plupart, ont à leurs yeux un côté bon enfant, prétentieux et cassant comme le ministre Jolin-Barrette, ou incompétent, donc sous la tutelle officieuse du bureau du premier ministre.  

C’est pourquoi l’idée même que le gouvernement Legault soit de loin le plus populaire des gouvernements du Canada leur est intolérable et, pour plusieurs, c’est inquiétant. Les lois 21 et 40 en sont, pour eux, la preuve.  

Que les adversaires de François Legault lui reprochent à grands cris d’avoir eu recours au bâillon prouve bien qu’ils ont la mémoire courte ou qu’ils sont tous hypocrites ou les deux à la fois. En effet, depuis 1985, le PQ a imposé le bâillon pour 70 projets de loi et le PLQ, pour 79 projets de loi. Attaquer François Legault pour cette façon de gouverner ne prouve en rien que malgré sa bonhomie, il y ait de la graine de dictateur dans l’homme. Le PLQ et le PLC en particulier ne savent plus comment déconstruire le gouvernement Legault.  

Stratégie fédéraliste  

Lorsque le PQ était au pouvoir, la menace qu’il faisait peser sur l’unité canadienne expliquait la stratégie des fédéralistes. Le gouvernement caquiste doit donc être diabolisé par d’autres moyens. D’autant plus que le gouvernement Trudeau, aujourd’hui minoritaire, montre des signes de faiblesse, car il est peu habitué à ce statut nécessairement provisoire.  

Le gouvernement Trudeau et sa succursale québécoise ressortent l’arsenal lourd qui consiste à laisser peser les accusations abjectes de racisme, d’islamophobie et d’intolérance endémique contre la clientèle de la CAQ, c’est-à-dire la majorité francophone.  

Cela expliquerait tous les articles dans les médias qui portent sur les propos dégoûtants tenus par des internautes québécois de souche sur les immigrants. De la matière explosive pour faire l’amalgame avec ce que pense la majorité francophone.