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Consigne élargie: le prix des jus et autres boissons augmentera

Des «frais de recyclage» seront appliqués sur les produits consignés

epicerie consignes
Photo Jonathan Tremblay Les consommateurs sont prêts à payer davantage pour du jus d’orange ou du lait afin que les contenants soient consignés et recyclés. C’est notamment le cas de Julie Coffin, 51 ans, rencontrée par Le Journal hier dans une épicerie de Montréal.

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La consigne élargie annoncée par le gouvernement Legault entraînera une hausse du prix des jus et autres boissons en raison des écofrais appliqués sur les produits.  

Les contenants en verre, en métal ou en carton d’un format de 100 ml à 2 litres seront progressivement consignés à compter de 2022.      

Il était déjà annoncé que les Québécois devront payer 25 cents de plus à l’achat d’une bouteille de vin ou de spiritueux et 10 cents de plus pour chaque bouteille d’eau ou pinte de lait.      

«Ce n’est pas un coût additionnel, puisque c’est remboursable à 100 % [lorsqu’on retourne le contenant]», a souligné François Legault, lors du dévoilement à la fin janvier.      

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Benoit Charette à QUB radio:

Mais c’est sans parler des écofrais qui pourront être appliqués par l’industrie.      

En effet, le gouvernement laisse aux entreprises qui mettent en marché les contenants le soin de financer et de gérer le transport et la manutention de la consigne élargie.      

Ces «frais de recyclage» ajoutés au prix des produits consignés étaient d’ailleurs inscrits noir sur blanc dans la présentation faite par la CAQ à l’industrie, l’été dernier.      

Pour un contenant consigné à 10 cents, on prévoyait des «frais de recyclage» de 2 cents supplémentaires, peut-on lire dans le document consulté par notre Bureau parlementaire.      

Au cabinet du ministre Benoît Charette, on convient que ce coût de recyclage «sera déterminé par l’industrie».      

Écofrais sur le pot de jus d’orange  

S’ils sont incapables à ce moment-ci de chiffrer l’augmentation, les fabricants signalent que le prix des produits sera assurément revu à la hausse puisqu’ils ne peuvent assumer entièrement la facture de la consigne élargie.       

«L’entreprise ne pourra pas absorber l’ensemble du coût d’un nouveau système, c’est impossible», précise Annick Van Campenhout du Conseil de la transformation alimentaire du Québec, qui représente des producteurs de jus comme Lassonde.      

Elle rappelle que les entreprises financent déjà la collecte sélective.      

La coexistence du système des «bacs bleus» et de la consigne élargie est problématique, selon elle.      

«Si on demande aux entreprises de financer deux systèmes [...] il va y avoir une augmentation, et qui dit augmentation pour les entreprises dit nécessairement augmentation du prix de l’aliment», insiste la v.-p.      

Même constat du côté des détaillants.      

«Il y aura nécessairement un impact sur le prix des produits, dit le porte-parole du Conseil canadien du commerce de détail, Jean-François Belleau. Un pot de jus d’orange d’un litre qui sera consigné devra aussi faire l’objet d’un écofrais».      

Autre problème  

Aussi, plusieurs commerces auront un manque d’espace avec le nouveau système, qui nécessitera des investissements additionnels.      

Est-ce que les coûts additionnels pour les entreprises se répercuteront sur le prix du lait? «C’est possible [...] ça va dépendre ça va être quoi l’ampleur de ces coûts-là», répond le PDG du Conseil des industriels laitiers du Québec, Charles Langlois      

 «Moi, si on m’impose une nouvelle responsabilité, il est fort probable que mes laiteries vont souhaiter que ça se reflète aussi [sur le prix du lait]», soutient M. Langlois.      

—Avec Jonathan Tremblay  

Projet de consigne élargie      

► Consignés 10 ¢   

  • Contenants de jus (carton, plastique ou verre)      
  • Canettes de bière, de jus ou de boisson gazeuse (métal)      
  • Bouteilles de bière      
  • Bouteilles d’eau (plastique ou verre)      
  • Contenants de lait (carton, verre ou plastique)            

► Consignées 25 ¢   

  • Bouteilles de vin (carton et verre)      
  • Bouteilles de champagne (verre)      
  • Bouteilles de spiritueux (verre)            

► Entrée en vigueur de la consigne  

2022 : contenants en verre et en plastique de liquides prêts à boire      

2024 : contenants en carton multicouche            

  • À terme, la CAQ estime que la consigne devrait générer 437 M$ par an et que les contenants non retournés laisseront 43 M$ pour aider l’industrie dans la mise en place du système.       
  • L’industrie soutient qu’elle devra tout de même appliquer des « frais de recyclage » sur les produits consignés pour absorber les coûts du nouveau système.            

Une hausse bien reçue  

« Je suis absolument en faveur de payer une consigne et une taxe, si ça aide le processus. Tant que je sais que ça va faire une différence. »  

— Gaetano Vaccaro, 34 ans  

« Moi je suis pour. Il faut qu’ils fassent quelque chose. Si ç’avait été payant, ça fait longtemps que quelqu’un s’en serait occupé. Ça va inciter les gens à ramener leur consigne. Totalement en accord pour l’environnement. »  

—Marie Charlebois, 57 ans