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L’occasion d’une vie

Iadeluca s’est fait un peu tirer l’oreille avant d’accepter le poste d’entraîneur

C-P-CARABINS
Photo Dominick Gravel, Agence QMI Marco Iadeluca répondant aux questions des médias, mardi. À L’arrière-plan, son prédécesseur, Danny Maciocia, et Manon Simard, directrice des sports de l’Université de Montréal.

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MONTRÉAL | Après une longue réflexion, une consultation de sa garde rapprochée et une rencontre avec la directrice des sports, Manon Simard, Marco Iadeluca a changé son fusil d’épaule et s’est lancé dans la course à la succession de Danny Maciocia.

« Manon a été surprise de voir que je ne voulais pas postuler », a raconté Iadeluca, qui a été confirmé dans ses fonctions d’entraîneur-chef des Carabins de l’Université de Montréal, mardi, dans une salle bondée de la brasserie Molson Coors.

« Elle m’a invité à poursuivre ma réflexion. Après avoir beaucoup hésité et pensé ne pas le faire, j’ai décidé de me lancer dans le processus pour ne pas avoir de regrets. »

Les occasions de ce genre se produisent rarement.

« Je me suis lancé parce qu’une opportunité de diriger un programme universitaire dans le Top 5 au pays se produit une fois dans une vie », a-t-il confié.

« L’opportunité était trop grosse pour la laisser passer. C’est un poste que je ne suis pas certain d’avoir déjà rêvé d’occuper. »

« À l’exception de mes passages avec les équipes du Québec et du Canada, j’ai peu d’expérience comme entraîneur-chef, mais je ne serai jamais prêt si je ne le suis pas après 25 ans comme entraîneur », poursuit Iadeluca, qui était entouré de son épouse, de ses trois filles, de son frère Tony et de cousins.

« J’amorce ma 25e saison cette année et j’ai fait mes classes en travaillant dans tous les niveaux. En 25 ans, j’ai eu la chance d’apprendre de deux des plus grands entraîneurs au Québec en Danny et mon frère Tony. »

Successeur désigné

Identifié comme le dauphin de Maciocia quand ce dernier retournerait dans la LCF, Iadeluca a été le premier à quitter il y a 18 mois pour un emploi de gestionnaire au Collège André-Grasset et un poste d’adjoint au sein des Phénix avant de rentrer au bercail.

« Il y avait un plan de contingence qui prévoyait que je prenne la relève si Danny quittait », a raconté celui qui a été coordonnateur offensif des Bleus de 2011 à 2017.

« Cette fois-ci, je suis passé à travers un processus rigoureux d’entrevue et ça me rend encore plus fier. Je rentre par la grande porte. »

Manon Simard assure que l’embauche de Iadeluca ne se voulait pas une formalité.

« Les entrevues étaient très importantes contrairement à 2002, où nous avions embauché Jacques Dussault sans entrevue », a-t-elle affirmé.

« Le défi n’était pas le même cette fois-ci. On connaissait la valeur de Marco, mais il devait nous démontrer sa passion et son intérêt. Il est entré par la grande porte. Son embauche se veut une continuité. Il représente le passé, le présent et l’avenir. »

« Sa courte expérience comme entraîneur-chef ne m’a pas refroidie parce qu’il a toujours agi en leader », poursuit l’ancienne nageuse de l’équipe canadienne.

« Il n’y a aucun doute qu’il est capable de diriger 80 joueurs. Ses valeurs éducatives sont un aspect très important. »

4 sur 20

Simard et le comité de sélection ont retenu quatre candidats en entrevue parmi la vingtaine qui avaient signifié leur intérêt.

D’ici le 1er mars, Iadeluca estime que la priorité est le recrutement, dossier auquel il s’est attaqué dès lundi. Il rencontrera par la suite ses adjoints et assure qu’aucune discussion n’a encore eu lieu.

« Je savais que ce jour arriverait »— Danny Maciocia

Présent à la nomination de son ami même s’il vivait une journée fort occupée avec l’ouverture du marché des joueurs autonomes dans la LCF, Danny Maciocia était ravi de la tournure des événements.

« Je savais que ce jour arriverait », a déclaré le directeur gérant des Alouettes de Montréal, qui a partagé ses avis avec le comité de sélection.

« C’est pour ça que je l’ai amené avec moi quand je suis arrivé avec les Carabins après la saison 2010. Marco ne l’a pas eu facile avec moi. Parce que je voyais son potentiel, j’ai été vraiment exigeant à son endroit parce que je voulais repousser ses limites. Je suis content et on voit le résultat, aujourd’hui [mardi]. J’ai donné un coup de main au comité de sélection, mais je n’ai pas eu besoin de le convaincre. 

Pour plusieurs raisons, Marco est un choix naturel, de poursuivre Maciocia. Il connaît l’organisation et les dirigeants. Le synchronisme était parfait. À 52 ans, je voulais relever un nouveau défi alors que lui était rendu là dans sa vie à occuper un poste d’entraîneur-chef. Il y avait des possibilités que je reste toujours avec les Carabins et j’ai compris et respecté sa décision de quitter. »

Manon Simard rappelle une discussion qu’elle a eue avec Macicoia au moment de son embauche.

« La seule condition de Danny était qu’on aille chercher Marco, a confié la directrice du sport d’excellence de l’Université de Montréal. Danny nous a donné son opinion tout en nous disant de faire ce qu’on voulait. On a laissé aller Danny chez les Alouettes, mais on l’avait prévenu qu’il ne pouvait pas partir avec notre expertise [entraîneurs adjoints], sinon on se serait chicanés. »

Différence marquante

S’ils ont des points en commun, Maciocia et Iadeluca convenaient facilement qu’un aspect les différencie grandement.

« Marco est beaucoup plus près des joueurs, alors que j’ai toujours voulu garder une distance, non pas par manque d’amour, mais pour les préparer pour le vrai monde, a exprimé le DG des Moineaux. L’Université de Montréal était rendue là et avait besoin de ce changement. »

« Danny est un fanatique de tactique, alors que j’aime aider les jeunes à grandir, de renchérir Iadeluca. J’aime être près des joueurs. Ce sont des étudiants-athlètes qui ne sont pas payés et on doit avoir du plaisir. La continuité sera à l’honneur, mais je vais aussi apporter ma couleur. »