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Le projet HLA: un drame en deux temps

Le projet HLA allie théâtre et musique électronique

Nancy Bernier et Vincent Nolin-Bouchard personnifient une mère et un fils qui ont décidé, un jour, de se débarrasser d’un conjoint et d’un père violent.
Photo Jean-François Desgagnés Nancy Bernier et Vincent Nolin-Bouchard personnifient une mère et un fils qui ont décidé, un jour, de se débarrasser d’un conjoint et d’un père violent.

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Avec Le projet HLA, Guillaume Pepin propose un objet théâtral audacieux où les structures dramatiques se déploient, avec des répétitions, telle une partition de musique techno. Un choix artistique qui déstabilise, pour ensuite retrouver une forme plus conventionnelle qui met l’accent sur le jeu des comédiens. 

À l’affiche jusqu’au 22 février au Studio Marc-Doré du Théâtre Périscope, Le projet HLA est une plongée dans un drame familial qui a laissé d’énormes séquelles. 

Il y a un an, lors d’un souper, une mère et son fils ont décidé d’assassiner celui qui était un conjoint et un père abuseur et violent.  

Ils croyaient s’être enfin débarrassés de cette violence, mais l’âme et les sévices commis par cet homme planent toujours autour d’eux. 

Le fils a vécu l’enfer avec un père violent, incestueux et abuseur. La mère, elle, est perdue. « Je l’aime, j’ai peur et j’ai honte. Mon corps le réclame encore », précise-t-elle. 

L’auteur français Nicolas Fretel a écrit ce texte sous la forme d’une partition musicale avec le souper fatidique qui revient sous forme de répétition, avec des phrases déjà entendues. Des éléments d’informations s’ajoutent et permettent de situer de quelle façon les choses se sont déroulées. 

L’aspect techno est très présent au début de la pièce. Vincent Nolin-Bouchard, qui personnifie le fils, active des pédales d’effets sonores, crée des boucles et déclenche, à l’aide d’un ordinateur, des effets d’éclairage. 

Mixture audacieuse 

Des phrases difficiles à saisir résonnent et des images saccadées et déformées du souper sont projetées. On joue avec la forme dans une ouverture très déstabilisante et qui est aussi très intéressante.   

Une approche qui s’estompe petit à petit jusqu’au segment final, qui se déploie dans une forme plus traditionnelle où le jeu des acteurs, Vincent Nolin-Bouchard, le fils, Nancy Bernier, l’épouse, et Carol Cassistat, le père, se retrouve en évidence. 

Ce dernier offre une superbe performance lorsqu’il évoque les souffrances qui l’habitent et la vie qu’il aurait aimé vivre. Un homme qui a été élevé à la dure et dans un climat de violence. 

Le projet HLA mélange le côté traditionnel du théâtre à une forme d’art plus expérimentale. Une mixture audacieuse, assez bien équilibrée et qu’on aurait peut-être pu insérer à travers le dernier droit.  

Et d’un autre côté, le risque d’en faire un objet théâtral très froid aurait pu être très élevé.  

Chose certaine, la compagnie théâtrale La Trâlée propose, avec Le projet HLA, quelque chose d’intense, de fort, et présenté dans une forme intéressante.