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Le géant Alstom prêt à débourser 10 milliards $

La compagnie Bombardier pourra désormais se concentrer sur les jets d’affaires

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Bombardier pourrait connaître aujourd’hui l’une des journées les plus décisives de son histoire alors que la multinationale québécoise est appelée à céder ses activités ferroviaires et à tourner la page sur les avions C Series.  

• À lire aussi: Incertitude pour les employés de Bombardier de La Pocatière  

Le français Alstom est prêt à débourser jusqu’à 7 milliards d’euros (10 milliards $ CAD) pour mettre la main sur Bombardier Transport, la division ferroviaire de l’entreprise montréalaise, a écrit mercredi le quotidien financier allemand Handelsblatt, s’appuyant sur des sources anonymes.  

À Paris, le conseil d’administration d’Alstom s’est réuni mercredi soir afin d’étudier une offre pour Bombardier Transport, a indiqué l’agence Reuters. Quelques heures plus tard, à Montréal, le conseil de Bombardier tenait également une rencontre pour se pencher sur la proposition.  

Des employés de Bombardier réunis en février 2019 à l’usine de Crespin, en France. Avec une transaction prochaine, ces travailleurs pourraient rejoindre ceux de la multinationale Alstom, dont le siège social est situé en banlieue parisienne.
Photo AFP
Des employés de Bombardier réunis en février 2019 à l’usine de Crespin, en France. Avec une transaction prochaine, ces travailleurs pourraient rejoindre ceux de la multinationale Alstom, dont le siège social est situé en banlieue parisienne.

Une annonce pourrait être faite dès ce matin. L’imminence d’une transaction a fait bondir l’action de Bombardier, qui a gagné 10,6 % mercredi, à la Bourse de Toronto.  

On s’attend également à ce que Bombardier confirme ce matin la cession à Airbus de sa participation de 33,6 % dans le programme d’avions A220, anciennement connu sous le nom de C Series.   

Airbus dans Saint-Laurent ?  

Airbus pourrait également reprendre une partie des activités de l’usine de Bombardier située dans l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, où sont fabriqués le poste de pilotage et d’autres composants de l’A220.  

Les détails financiers de cette opération donneront une idée de la perte de valeur que risque de subir Québec pour sa participation de 16,4 % dans l’A220, acquise en 2016 moyennant un investissement de 1,3 G$.  

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À l’avenir, Bombardier ne serait présente que dans le créneau des avions d’affaires. C’est toutefois dans ce secteur que Bombardier compte le plus de travailleurs au Québec, soit plus de 10 000 personnes.   

Le conglomérat américain Textron avait montré de l’intérêt pour cette division.  

« Je pense que c’est positif », a dit mercredi le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, à propos des annonces que doit faire Bombardier aujourd’hui.  

Dette de 12,4 G$  

Avec la vente de sa division ferroviaire, Bombardier allégerait sa lourde dette, qui frise les 12,4 G$. On ne sait pas quel impact aurait une transaction sur les passifs des régimes de retraite de Bombardier, qui dépassent 4 G$.  

Il faudra voir comment le premier ministre François Legault réagira à la vente d’un des fleurons québécois les plus connus dans le monde. Depuis des mois, il soutient que l’avenir de Bombardier se trouve davantage dans les trains que dans les avions.  

L’aventure de Bombardier dans le ferroviaire a débuté en 1970 avec l’acquisition d’une firme autrichienne produisant des tramways et des moteurs de motoneige. Elle s’est poursuivie avec un gros contrat pour le métro de Montréal, en 1974, puis un autre pour le métro de New York, en 1982, et avec l’achat du géant allemand Adtranz, en 2001.  


Bombardier Transport   

  • Revenus : 11 G$  
  • Carnet de commandes : 47 G$  
  • 40 650 salariés    

Alstom   

  • Revenus : 12 G$  
  • Carnet de commandes : 62 G$  
  • 36 300 salariés