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Il demande de l’aide après avoir subi un grave AVC

L’homme est paralysé du côté droit et souffre d’importantes pertes de mémoire

Sonia Boire et Patrick Claveau
Photo collaboration spéciale, Alex Drouin Sonia Boire veille à ce que son ex, Patrick Claveau, ne manque de rien depuis qu’il a été victime d’un AVC, mais elle est épuisée.

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GRANBY  |  Un homme de la Montérégie qui vit avec de lourdes séquelles d’un accident vasculaire cérébral subi il y a un an et le laissant invalide peine à trouver de l’aide pour qu’on prenne soin de lui.

Patrick Claveau a été frappé par un terrible accident vasculaire cérébral (AVC) il y a un an alors qu’il était seul chez lui. Il est resté immobilisé dans son lit pendant 17 jours. Il avait réussi à survivre en ne mangeant que des chocolats de la Saint-Valentin qu’il lui restait près de son lit.

Il avait perdu près de 50 livres lorsque les ambulanciers l’ont amené à l’hôpital.

L’homme de 46 ans en subit encore les séquelles : une paralysie partielle du côté droit de son corps l’empêche d’utiliser son bras droit et rend très difficile son élocution, de plus il se déplace en claudiquant. Il a de la difficulté à dormir, et la douleur, surtout au cou, le fait souffrir. 

Finalement, les nombreuses pertes de mémoire causées par l’AVC l’empêchent d’être autonome.

Quand Le Journal l’a rencontré chez lui à Granby le 5 février dernier, il était découragé.

« C’est plate en ta... parce que je suis toujours tout seul, et [je suis une personne qui] n’est pas capable de ne rien faire ! » articule difficilement le quadragénaire. 

Aidé par son ex

C’est son ex-conjointe, Sonia Boire, qui l’avait découvert dans son appartement alors qu’elle s’inquiétait de n’avoir plus de nouvelles de lui. 

Présente lors de l’entrevue, son ex-conjointe avait la larme à l’œil devant la détresse du père de son unique enfant. 

« Il peut marcher, s’habiller et se faire à manger, mais pour le reste, c’est moi qui dois tout faire. Par exemple son épicerie, ses prises de rendez-vous et payer ses comptes », énumère Sonia Boire. 

Après cinq mois dans un centre de réadaptation à la suite de son AVC, Patrick Claveau a réintégré son appartement en juillet dernier. Depuis, c’est Mme Boire qui veille sur lui en allant le visiter plusieurs fois par semaine afin qu’il ne manque de rien.

« Je commence à être fatiguée », dit-elle, visiblement bouleversée. 

Son ex-conjoint doit se tourner vers les rares organismes communautaires de sa région pour être aidé, mais les délais d’attente peuvent être de quelques mois (voir autre texte). Vivant de l’aide sociale, il n’a pas les ressources financières pour se tourner vers le secteur privé.

Invalide

Le 21 janvier dernier, celui qui gagnait sa vie comme journalier dans une compagnie de propane a reçu un billet du médecin, dont Le Journal a obtenu copie, le déclarant invalide au travail de façon permanente.

Pour ajouter à son malheur, M. Claveau est tombé sur la glace en allant porter ses poubelles. Une personne qui passait tout près l’a trouvé gisant au sol et elle a appelé l’ambulance.

Il a dû être opéré à la hanche et il a passé un mois à l’hôpital.

« Ce n’est pas d’une infirmière dont il a besoin, mais d’une présence et d’une personne qui puisse administrer son quotidien », implore Mme Boire.

Les organismes communautaires ne suffisent pas  

​Certains organismes communautaires de Granby peinent à offrir aux gens qui font appel à eux tout le soutien dont ils ont besoin.

« On a beaucoup de demandes et on doit parfois se limiter », indique la directrice générale de l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) Montérégie-Est, Nicole Laverrière. 

Cet organisme sans but lucratif a pour mission d’aider les gens à mieux gérer leur situation financière et s’assure qu’ils reçoivent toute l’aide gouvernementale à laquelle ils ont droit.

Pour 2018-2019, l’ACEF a reçu 400 demandes d’aide.

« On a répondu à toutes les demandes. Mais si on avait plus d’employés, il est certain qu’on pourrait en aider plusieurs autres, car il y a toujours de la demande pour ce genre de services », explique-t-elle. 

Du côté de la Coop autonomie chez-soi qui offre, entre autres, de l’aide domestique à domicile, c’est le manque de main-d’œuvre qui est le principale problème.

« Ça arrive que l’on ne puisse pas répondre à toutes les demandes que nous recevons, et ce, pendant une période de six à huit mois », confirme le directeur André Plouffe, dont le service provient du CIUSSS de l’Estrie.

Mme Laverrière ne se met pas la tête dans le sable. Elle sait qu’une petite partie de la population seulement connaît l’existence de l’ACEF et que c’est le bouche-à-oreille qui permet à  l’organisme de se faire connaître.