/sports/others
Navigation

10e anniversaire des Jeux olympiques: Joannie Rochette continue d’avancer

Joannie Rochette
Photo Agence QMI, Joël Lemay Joannie Rochette

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL | Pour la patineuse artistique Joannie Rochette, le 10e anniversaire des Jeux olympiques de Vancouver correspond inévitablement au 10e anniversaire du décès de sa mère. Elle aurait bien voulu dissocier ces deux événements, mais l’histoire s’est écrite ainsi.  

• À lire aussi - Vancouver 2010 : une décennie plus tard... 

«Ma mère, j’y pense à tous les jours, mais on dirait que le temps fait son œuvre, a-t-elle indiqué, mercredi, lors d’une touchante entrevue organisée à Montréal par le Comité olympique canadien. Ça fait moins mal et j’essaie de voir la situation d’un œil plus positif quand je pense à elle. C’est sûr qu’elle me manque dans les grands moments de ma vie ou dans les moments plus difficiles où je voudrais qu’elle soit là. En même temps, ça fait 10 ans, je suis correct et il faut continuer d’avancer dans la vie.»  

Continuer d’avancer, c’est justement ce que la patineuse québécoise a fait en février 2010 quand Thérèse Rochette est décédée d’une crise cardiaque, à 55 ans, à l'Hôpital général de Vancouver. Il n’était pas question de rater la compétition olympique dans les jours suivants. C’est ce que sa mère aurait souhaité.  

Future médecin?  

Ayant récolté une médaille de bronze, malgré les circonstances tragiques, Rochette avance toujours 10 ans plus tard. Elle fait d’ailleurs présentement ses études en médecine à l’Université McGill. Son objectif: réussir ses derniers examens et obtenir sa résidence en anesthésiologie.  

«Je trouve que ça ressemble beaucoup au patinage artistique dans le sens où tu as un plan, tu dois te préparer, mais savoir aussi comment réagir dans le feu de l’action, a-t-elle noté, à propos de la branche de la médecine se consacrant à la prise en charge des patients avant une opération. Il y a beaucoup de petits mouvements techniques et des répétitions, je me retrouve là-dedans.»  

Rochette insiste: elle conserve aussi des souvenirs plus heureux reliés à cette médaille olympique obtenue il y a 10 ans. Elle s’est néanmoins assurée, avec les années, de se servir d’un événement négatif pour le transformer en positif.  

«Avec le décès de ma mère, il y a eu des retombées dans le sens où j’ai pu redonner un peu en m’impliquant avec la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC ou à l’Institut de cardiologie de Montréal, a-t-elle souligné. De partager son histoire, ça m’a aussi fait du bien, je pense que ç’a m’a aidée à mettre du baume sur cette peine-là.»  

Un voyage émotif  

Joannie Rochette et Alexandre Bilodeau.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Joannie Rochette et Alexandre Bilodeau.

Le 22 février prochain, en Colombie-Britannique, Rochette participera à une grande réunion avec plusieurs athlètes ayant pris part aux Jeux de 2010. L’émotion sera sans doute au rendez-vous. Elle replongera dans ses souvenirs... Un gala de célébration se déroulera par ailleurs au Centre des congrès de Vancouver pour appuyer la prochaine génération d’athlètes olympiques et paralympiques.  

«Il faut continuer à soutenir nos athlètes, pas juste pour avoir des médailles, mais aussi parce que les retombées sont pas mal plus grandes si on veut avoir un Canada en santé, a plaidé la patineuse. La portion de la prévention primaire est importante. Les gens qui commencent jeunes dans le sport ont plus de chances d’être actifs dans la vie. Je le vois maintenant dans mon nouveau domaine. Il y a tellement de maladies qui peuvent se prévenir en étant actifs.»  

Rochette parle déjà comme une médecin.  

«Je suis contente de faire autre chose dans la vie, maintenant, mais dans ma tête, je serai toujours une patineuse et une Olympienne, c’est sûr», a-t-elle conclu, avec le sourire.